‹ Saint BasileChapitre 84 sur 137 · Ep · texte numérisé non relu

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Eglise, il s'arrêta en route, a Sébaste, en vue d'obtenir de nouvelles preuves de Torthodoxie d'Eustathe. Après une discussion de deux jours avec celui-ci, on tomba d'accord sur tous les points, et Basile n'eut plus qu'à courir à l'église remercier Dieu. Dans la joie désintéressée de son cœur, il écrivit alors à Théodole pour lui demander de rédiger lui-même un écrit que souscrirait Eustathe. Mais Théodote, dont la défiance était incurable, refusa de le faire, et témoigna même à Basile le peu de désir qu'il avait maintenant de recevoir sa visite. Basile revint, tout triste, a Césarée. Un an après, il eut occasion de rencontrer Théodote. Celui-ci lui reprocha vivement son entrevue de l'année précédente avec Eustathe, qui, dit-il, niait maintenant avoir fait aucun accord avec Basile. Ce dernier fut stupéfait. « Comment Eustathe, s'écria-t-il, quej'ai connu ennemi de tout mensonge, au pointd'en avoir horreurmême dans les choses les pi us légères, oserait-il trahir la vérité dans une affaire d'une telle importance ? J'irai le voir, je lui proposerai un symbole de la vraie foi, et s'il le souscrit, je demeurerai dans sa communion ; s'il refuse, je me séparerai de lui h mon tour. » Rassuré par ces paroles, Théodote invita Basile à venir le visiter à Nicopolis. Mais à peine celui-ci fut-il arrivé, que, repris de ses défiances, son hôte le reçut avec une froideur injurieuse, l'accabla de reproches outrageants, refusa de l'aider, comme il avait promis, dans sa mission d'Arménie : Basile partit désolé*.

Aucun découragement ne pouvait refroidir la charité de Basile, comme aucune injure ne pouvait lasser sa patience. A ses yeux, le premier devoir était « de tout faire pour ne pas s'aliéner ceux dont la foi est impar-

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faite, mais au coniraire de prendre soin d'eux, selon les antiques lois de la charité, leur apportant toute consolation avec des entrailles de miséricorde, et leur proposant la foi des Pères pour les amener à l'union*. » Il parvint, Tannée suivante, à faire signer a Eustatlie une profession de foi complètement orthodoxe. Oublieux des mauvais procédés de Théodote, il s'empressa de lui communiquer cette pièce, qui devait réhabiliter l'évêque de Sébaste*. Mais, par une étrange aberration d'esprit, ce fut ce moment même que choisit celui-ci pour rompre avec Basile. Malgré ses promesses, il refusa de se rendre h un synode que Basile avait convoqué. Il lui écrivit pour repousser sa communion, et commença à le déchirer, en public comme en particulier, l'accusant d'orgueil, lui imputant des opinions hérétiques sur le Saint-Esprit. Ne gardant aucune mesure, il répandit dans toutes les provinces d'Orient un pamphlet contre Basile; et enfin, dans le but de le faire passer pour apollinariste, il alla jusqu'à exhumer une lettre écrite par Basile à l'hérésiarque Apollinaire, lettre de pure courtoisie, datant de l'époque où l'un et l'autre étaient laïques, et où les opinions d'Apollinaire étaient irréprochables. En ce temps de controverses incessantes, les orthodoxes, souvent trompés, se sentaient obligés de veiller avec le soin le plus scrupuleux sur leurs relations, et d'être d'une réserve extrême quant aux opinions et aux personnes; aussi une publication de cette nature, aggravée par un texte tronqué ou falsifié, devait-elle, dans la pensée de ses ennemis, compromettre Basile aux yeux des gens superficiels et le faire passer pour fauteur d'un hérétique'.

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