Pavy, les Grands Cordeliers, p
les doctrines et les actes de la Réforme. Dès le 1° mai, avant l’aube, ils frappent à la porte du couvent, et somment les religieux, sous peine de mort, de leur livrer les richesses et les reliques du sanctuaire. « Nous ignorons où elles sont, répond d’une voix ferme le supérieur, le P. Gaïette, un futur martyr »; et de même tous ses religieux après lui. Ils disaient vrai; car, dans la nuit même, deux Frères-Mineurs pressentant l'invasion des Huguenots, avaient caché leurs deux trésors, le reliquaire de Charles VII et le buste d'Anne de France, leurs seules richesses, dans deux fosses différentes, puis étaient partis, l’un pour la Savoie, l’autre pour la Franche-Comté (1). Exaspéré de cette réponse, Viret (c’est le nom du ministre protestant qui est à la tête des bandits) retient le P. Jacques Gaïette en otage, sans s'occuper des autres moines, et dirige lui-même les fouilles. Après de longs efforts, il pousse un cri de fauve : il a découvert la châsse de Charles VITE! I enlève la soie et les lames d’argent, dresse un bücher où il entasse pêle-mêle reliques et ornements sacrés, et
jette les cendres dans le Rhône, au milieu des vo-
ciférations d’une soldatesque ivre de haine et de
vin (2)!
Demi-victoire! Car l’autre reliquaire, le chef du Saint (ou buste d’Anne de France) échappe à sa ra-