L'AURORE DU XII SIÈCLE
Le xu° siecle, le siècle de saint Bernard, n’avait pas tenu sa promesse. Les débuts avaient été brillants. C'était partout le triomphe de la croix et, par là même, de la civilisation. Le drapeau de la chrétienté flotlait à Jérusalem; les pontifes romains conviaient l'Église grecque à une réconciliation aussi glorieuse qu’elle était nécessaire; et les vingt peuples qui formaient la république chrétienne d'Occident, se coalisaient pour refouler dans les sables du désert les hordes musulmanes, avec leurs doctrines abrulissantes. | |
« Mais le x1r° siècle n’acheva pas sa course comme il l'avait commencée; et quand, le soir venu, il pencha vers l'horizon pour se coucher dans l'éternité, l'Église parut s’incliner avec lui, le front chargé d’un pesant avenir (1). » De tous côtés, en Orient et en Occident, ce n'étaient que désastres succédant aux