L'AURORE DU XHI® SIÈCLE
chule, lorsqu'un homme pauvre et chétif s'avanca et la soulint de ses épaules (1): »
« Ce pauvre, ce chétif », c’est un de ces secours extraordinaires que la Providence tient en réserve pour les heures désespérées. L'histoire nous livre son nom : c'est saint Frañcois, le fils d’un riche négociant d'Assise; nature chevaleresque, caractère magnanime « dont la vie merveilleuse se chanterait mieux parmi les gloires du ciel (2) 5:
Voilà le sauveur du x siècle, non le seul; car à sa mission libéralrice sont associés, dans les desseins de Dieu, les noms les plus brillants et les plus divers, Innocent [IIT, Louis IX; saint FerGinand de Castille, la douce Élisabeth de Hongrie ct Simon de Montfort; mais il garde, avec saint Doniinique, « son frère d'armes », le privilège d’une vocation plus haute et d’une prééminence incontes'able. Tous nos regards se porteront donc sur lui; car « ce que Dieu crée en une seule fois, une seule | lume n’est pas capable de l'écrire (3) ».
A vingt-cinq ans, il dit adieu à sa famille, renonce à tous ses biens, remplace les vêtements de soie par la bure grossière des pâtres de l’Ombrie et, libre de toute attache temporelle, prenant à la lettre le dis- cours sur la montagne, il se livre tout entier, avec
un enthousiasme que les tribulations ne diminue-
4: LU RE notre Vie de saint François d'Assise, ch: 1v. « La cui mirabil vita Meglio in gloria del ciel si canterebbe: »
(Dante; Paradiso, €: xr) 3. Lacordaire, Vie de saint Dominique, préface.
.ront pas, à l’œuvre de la rénovation sociale. Mais grand initiateur en même temps que grand Saint, il fonde pour des besoins nouveaux, une institution nouvelle plus grande que l'Hôpital, plus pure que je Temple, etquisent «l'homme inspiré» beaucoup plus que l’homme de génie (1). En 1209, il crée le moineapôtre et le lance à travers les peuples, avec la parole de Dieu pour glaive, la croix pour drapeau, et le salut de toutes les nations du globe pour objectif.
C'était une innovation hardie, sans exemple dans l'histoire; mais la Papauté, qui accepte les formes mulliples de la grâce et ne brise que la révolte, la Papauté encourage et bénit la milice naissante. Celle-ci n'offre d’abord qu'un petit groupe; elle devient bientôt légion; et, dès 1215, saint Francois peut projeter avec saint Dominique la conquête morale de lunivers.
Chose plus étonnante encore! Ce rêve saintement : ambitieux des deux Patriarches s’accomplit à la lettre. L’'hvdre de l’hérésie albigeoïse est terrassée; la tyrannie des Césars allemands est abattue; l'Espagne recouvre son indépendance, et l'Église, sûre du triomphe, peut reprendre sa marche en avant, qui est celle du véritable progrès. | |
Ce qui fait la grandeur des siècles, a dit Mgr Berteaud, « c'est le déploiement toujours plus nee de
. « Pour exciter la ferveur de ses frères, le detre Pane aimait à leur rappeler l’origine surnaturelle de la Règle.
« Je n’y ai rien mis de mon fonds, leur disait-il: tout a été :
« révélé d'en haut : Divinitus revelala. » (Bonav., Vita S, Fr. BEN)
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