‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 40 sur 121 · R. P. Joyau, p · texte numérisé non relu

R. P. Joyau, p

54 SAINT BONAVÉNTÜREÉ

Bonaventure débute par ün Commentaire théologique qui est un chef-d'œuvre; et dix ans après, il donne la mesure de son génie dans l’/{inératre de l'âme à Dieu. Thomas, parvenu à la maturité de l’âge, püblie une Somme « qui contient autant de miracles que d'articles ». |

« Ce sont les deux oliviers croissant à l'ombre du cloître, les deux flambeaux éclairant la maison du Seigneur (1) »,les deux princes de la théologie, les deux anges de l’école; — avec une différence pourtant. Bonaventure est plus intuilif et plus onctuëeux, Thomas plus déductif et plus doctriral; l’un à les lunières du chérubin, l’autre les ardeurs émibrasées du séraphin. Tous deux, du reste, puisent leurs flammes au même foyer qui est Dieu, à la fois lumière et amour.

Frères par le génie, ils ne le Sont pas moins par l’héroïsme de leurs vértus. Même piété tendre et forte, même dévouement à la cause de la vérité, même esprit de désintéressement et d’huinilité. Thomas de-. mande au ciel la grâce de n’être jamais prontü à aucune charge, à aucüne dignité, ét sa prière est exaucéé. Bonaventure fuit égaléement les honneurs : mais les Honneurs viennent à lui et obligent à siéger parmi les princes de l'Église. Et ainsi, dans des conditions différentes, ils sont lun et l’autre la gloire de leurs famiiles religiëuseés, « tous deux aimables et beaux, se levant dès lé inätin de leur existence pour combattre le bon combat, inséparables dans la vie et

Page 1