‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 39 sur 121 · UNE SAINTE AMITIÉ · texte numérisé non relu

UNE SAINTE AMITIÉ

sainte de Basile de Césarée et de Grégoire de Nazianze, à l’école d'Athènes.

« Les destinées de ces deux hommes semblent désormais s’unir, sans toutefois se confondre. Dans les similitudes de leur existence, et jusqu’en ses contrastes, le même souffle les anime, le même esprit les meut : le souffle du génie et l’esprit de sainteté.

« On dirait deux fleuves majestueux, roulant dans des lits parallèles, vers le même océan, leurs eaux limpides et fécondes(1). »

Thomas et Bonaventure! Que de gloire dans ces deux noms! Tous deux d’origine patricienne, tous deux richement apanagés des dons de la nature et de la grâce, ils grandissent dans une atmosphère pénétrée, de part et d’autre, d'esprit chrétien et chevaleresque. Tous deux sont engendrés à la science, vers le même temps, par deux maitres des plus illustres, Alexandre de Halès et Albert le Grand. L'Université de Paris, qui les a formés, veut les entendre; et par une exception fondée sur leur mérite, elle devance pour eux l’âgefixé parles règlements.Alexandre de Halès a prévu les succès futurs de son disciple; Albert le Grand a prédit ceux du fils des comtes d’Aquin : « Vous appelez Frère Thomas un Bœuf muet, répond-il un jour aux étudiants qui le plaisantaient sur la taciturnité de son élève! Détrompez-vous; car, je vous l’affirme, les mugissements de ce Bœuf retentiront si loin, qu’on les entendra d’une extrémité à l’autre de l’univers. »

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