Mathieu Pâris, Histor. major, ann
une commission de quatre cardinaux. Il intimait l’ordre, aux deux parties adverses, de comparaitre devant lui l’année suivante.
. Dans l'intervalle et sur le désir du Pape, les supérieurs des deux Ordres attaqués enjoignaient à deux de leurs sujets de réfuter devant le tribunal de l’opinion, avant de le faire devant la cour romaine, les calomnies de leurs adversaires. Le lecteur les connaît : c’est Bonaventure et Thomas d'Aquin. Guillaume de Saint-Amour avait affaire à de rudes joùteurs, francs comme l'épée du soldat, implacables comme la logique et la saine raison.
Thomas et Bonaventure n’eurent pas de peine à découvrir, chez leur antagoniste, le faible de la cuirasse, c’est-à-dire ce qu'il y avait de spécieux et d’erroné dans ses arguments. Au bout de quelques . jours leur rapport est prêt. Thomas publie le sien dans un opuscule intitulé : Contre les adversuires de la vie religieuse, « opuscule qui a toujours passé, dit Fleury, pour l’apologie la plus parfaite des Ordres religieux (1) ».
Bonaventure ne plaide ni avec moins de calme ni avec moins d’éloquence la cause de ses frères indignement méconnue. Le seul titre de son livre : De la pauvreté du Christ, en indique la pensée dominante. « La vie religieuse est un état de perfection, non de précepte, mais de conseil. C’est le Fils de Dieu, source de toute lumière, qui en est le créateur. C'est lui qui a fait de la pauvreté une béatitude, une