‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 50 sur 121 · Quare prædicent. — Cf. De paupertaté Christ · texte numérisé non relu

Quare prædicent. — Cf. De paupertaté Christ

Il était alors à Anagni, et avait chargé une commis- sion spéciale d'examiner l'ouvrage incriminé : Les périls des derniers temps. Les deux familles religieuses diffamées par cet ouvrage étaient représentées à Anagni : les Prêcheurs, par Humbert de Romans, Albert le Grand et Thomas d'Aquin; les Mineurs, par leur Général (1) et Bertrand de Bayonne. Le libelle de Guillaume de Saint-Amour fut condamné comme nique, criminel, exécrable ei plein de mensonges, puis livré aux flammes, sous les yeux du Pape, dans l’église d’Anagni (5 octobre 1256). Un peu plus tard, il eut le même sort à Paris, en présence du roi et de l’Université (2). |

L'attaque avait été publique; le Pape exigea également des députés de l'Université une rétractation publique, avec l'engagement bien spécifié d'admettre Thomas et Bonayenture à la thèse du doctorat.

La rétractation de irois députés de l’Université, Eudes de Douai, Chrétien de Beauvais et Nicolas de Bar-sur-Aube, fut le plus beau triomphe des deux saints amis. « Il manquait pourtant à leur victoire, écrit un admirateur du pamphlétaire, ce qui en eût fait le plus glorieux couronnement à leurs yeux. Ils ne purent mettre sous leurs pieds celui dont la défaite les eût le plus flattés (3). » Quoi qu’en pense

1. Quel est ce Général? Les avis sont partagés. D'après Thomas de Cantimpré et Wadding, ce serait saint Bonaventure, désigné ici par antonomase avant son élection à la première charge de l'Ordre; les autres annalistes nomment Jean de Parme. — V. les Analecta Franciscana, t. UI, p. 272.

Page 1