Bonav., De regimine animæ, éd. de Quaracchi, t. VIII
sacrifice qui ne recule pas devant les immolations nécessaires. Les conseils du Docteur séraphique offrent donc aux gens du monde un petit traité de direction spirituelle, et quelquefois une introduction à une vie plus parfaite. C’est du moins le double profit qu’en sut tirer Blanche de France. A la cour de Castille, elle régla l'emploi de ses journées d'après les principes du Gouvernement de l'âme. Veuve de bonne heure, elle revint à Paris, dit adieu au monde, s'enferma au couvent des Pauvres-Dames, et y mourut pieusement, en vraie disciple de sainte Claire, en vraie fille spirituelle de saint Bonaventure. Le temps, la correspondance et la direction consacrés à la cour de France n’absorbaïent pas toute l'attention du Docteur séraphique. Il avait d’autres occupations, d’autres sollicitudes ; son génie embrassait tout et suffisait à tout. Il cultivait les jeunes intelligences des écoles, donnait des conseils aux rois et défendait ses Frères contre les assauts de la haine; et partout il faisait pénétrer cet esprit de. l'Évangile qui vivifie tout, embaume les cloitres, affermit les trônes et sanctifie les peuples.
Depuis neuf ans il occupait la chaire de théologie à l’Université de Paris, et se dépensait, sans compter, au service d’une jeunesse qui le payait de sa reconnaissance. C'était le professeur müri par l’expérience, le théologien admiré. Il écrivait une page de ses commentaires sur le Livre des Sentences, lorsqu'il recut de Rome une missive qui, en l’appelant à monter plus haut, au premier rang, allait modifier sensiblement son existence.
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