‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 61 sur 121 · Chronique des vingt-quatre Généraux · texte numérisé non relu

Chronique des vingt-quatre Généraux

l'emporte sur leurs instances. « Au moins, lui dirent ses Frères atiristés, désignez-nous, vous qui connaissez l'Ordre entier, le religieux le plus digne de vous succéder. — C’est Bonaventure de Bagnoréa », répliqua-t-il sans hésiter. Aussitôt le Docteur séraphique fut acclamé comme le septième successeur de saint François, et son élection fut confirmée par Alexandre IV. « Jean de Parme, heureux d’être libéré de sa charge, se retira dans ce gracieux ermitage de Grécio, où le Patriarche séraphique avait inauguré la dévotion à la Crèche (1). »

A la nouvelle de la nomination de Bonaventure, tous les amis de l’Institut séraphique se réjouirent, et le couvent des Cordeliers de Paris fut en liesse. Lui seul s’attrista. Il était si étranger aux affaires d'administration ! Comment gouverner une armée de vingt mille religieux qu’il ne connaissait pas? Comment assumer toutes les responsabilités ? Il était comme atterré par la perspective des obligations de son office et des dangers du pouvoir. Il accepta cependant, pour les motifs qu'ilénumère lui-même dans sa première circulaire, datée de Paris, le 238 avril1257. « Si je n'avais consulté que mes aptitudes et mes goûts personnels, écrit-il aux Provineiaux de l'Ordre, je n'aurais jamais eourbé l'épaule sous un pareil fardeau! Mais le Souverain Pontife a parlé, mes Frères font appel à mon dévouement; leur résister serait aller contre la volonté de Dieu. J’obéis, comptant, pour réussir, sur la grâce du Très-Haut. Je compte

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