‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 71 sur 121 · Ed. de Quaracchi, t. VIII, p · texte numérisé non relu

Ed. de Quaracchi, t. VIII, p

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après Pâques, 7 avril 1263. Le soleil se lève plus radieux que d'habitude; toute la nature se réjouit, la population plus encore. Clergé, magistrats, peuple, tous les cœurs sont en fête; car c’est le jour fixé pour la translation des reliques de leur thaumaturge vénéré, saint Antoine. On ouvre la tombe où elles reposaient depuis trente-deux ans. Le corps est en cendres; seule la langue est demeurée intacte, fraîche et vermeille, comme celle d’un homme vivant. En présence d’un phénomène si extraordinaire, le Docteur séraphique ne peut contenir son émotion. Il prend la langue dans ses mains, la baise avec respect, et s’écrie dans le transport de son admiration : « O langue bénie qui n’as cessé de louer Dieu et d’enseigner aux autres à le bénir, c’est maintenant qu’on voit clairement combien tu étais précieuse à se yeux (1)! »

Les clercs et les religieux portent la châsse sur leurs épaules et la déposent sur un autel de marbre étincelant de lumières, dans la splendide basilique qu'a élevée la piété des habitants. Bonaventure exalte, avec la richesse d'imagination qui le disüingue, les mérites du grand thaumaturge, et ne craint pas de déclarer que son diadème se compose de tous les diamants de la grâce, de toutes les perfections éparses dans les autres élus. « A l’auréole des thaumaturges, dit-il, il joint la science des anges, la foi des patriarches, les vues supérieures des prophètes, le zèle des apôtres, la pureté des vierges,

4, 11 Santo di Padova, t. I, p. 212.

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l’'austérité des confesseurs, l’héroïsme des martyrs (1). » Sous ses veux, le tombeau du Saint est un foyer d'opérations surnaturelles et de faveurs quotidiennes; il exulte, et dans sa jubilation il improvise plusieurs stances rythmées, qui sont à la fois une prière et un chant d’action de grâces. Voici la première strophe :

Si quæris miracula :

Si vous cherchez des miracles, (Au seul nom de saint Antoine), La mort, l'erreur, les calamités, Les démons, la lèpre, s’enfuient, Le malades sont guéris (2).

Le pieux Général pouvait chanter et rendre grâces ; car partout sa présence produisait les mêmes merveilles. Les populations étaient enthousiasmées ; les dissidences entre Frères faisaient place à l’union la plus cordiale; le tout, sans secousse violente ni récriminations amères, par le seul effet de l'exemple et de la persuasion. Car, pour obtenir tous ces résultats, objet de ses vœux les plus ardents, il avait suffi a notre Bienheureux de se servir des moyens mis par la Règle à la disposition du supérieur, les Chapitres généraux et la Visite canonique, et de placer sous le regard de ses Frères le véritable idéal de la vocation franciscaine : les saints et la sainteté. |

Sa prudence et sa douceur angélique lui avaient gagné le cœur de ses religieux; son esprit de désin-

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