Lecoy de la Marche, la Chaire au Moyen âge, p
2. Lecoy de la Marche, la Chaire au Moyen âge, loc. cit. — On lit de même dans le catalogue du P. Fidèle de Fanna : « Discours prononcé en français, in gallico, à Montpellier. (Ratio novæ collect., p. 103.)
texte authentique, il leur manquerait toujours le ton. persuasif de l’orateur, son onction pénétrante, l’harmonie de son langage et le rayonnement de sainteté qui captivaient ses contemporains.
Il nous reste de lui un traité sur l'Art de précher, écrit sur la demande de quelque débutant. Il yinsiste sur la nécessité de ne pas se contenter d’une simple paraphrase de l'Évangile, mais d’avoir soin de corroborer la parole divine par les arguments philosophiques et les lecons de l'expérience. « Vous avez devant vous, dit-il, trois sortes d’audileurs : les chrétiens sérieux, les ennemis, les indifférents. Les preuves rationnelles ont ceci de particulier qu’elles produisent sur les uns comme sur les autres un excellent effet : elles confondent les adversaires, ébranlent les indifférents, consolent et affermissent les croyants. »
Il a tracé le modèle, il ne le suit qu'à moitié, emporté qu’il est par sa propension naturelle et ses tendances vers le mysticisme.
Il a composé plusieurs centaines de sermons, où il aborde les sujets les plus divers : préceptes du Décalogue, dons du Saint-Esprit, Eucharistie, enfance de Jésus, vocation religieuse, panégyriques des saints et dominicales. C’est un champ où abondent les épis d'or, mais qui ne livre sa moisson qu’au travail cou-
rageux et persévérant.