Ozanam, les Poëtes franciscains, p
3. Etiam in periculo capitis (1. IV, Sentent., dist. 98, art. g.
parlé, récitation de l’Angelus, célébration des fêtes de la Conception et de la Visitation, il place sous le regard des fidèles la vie et les exemples de la Reine du ciel, et les entraine à l’imitation de ses vertus. Enfin, sachant quelle est la puissance de l'association, pour le bien comme pour le mal, il fonde et organise, dans la Ville éternelle, une confrérie dont Wadding va nous raconter les origines.
Vers 1263, douze habitants de Rome concurent le dessein de se réunir sous la conduite d’un pieux ecclésiastique, pour honorer d’une manière toute spéciale la Mère du Sauveur. Ils s’en ouvrirent à l’évêque de Sienne, vicaire du Souverain Pontife,
c'est-à-dire gouverneur de Rome. Le prélat, à son tour, les adressa au Minisire Général des Mineurs, .
comme à l’homme le plus capable de mener cette entreprise à bonne fin. En même temps, racontent les chroniques de l'Ordre, la Vierge immaculée apparaîit à Bonaventure resplendissante de grâce et de beauté, abritant sous les plis de son manteau d’azur douze personnes de diverses conditions, six hommes et six femmes, et disant à notre Bienheureux avec un doux sourire : « Fils bien-aimé, prends la plume et écris. » Elle se tait et remonte aux cieux, laissant le cœur du Saint inondé de consolations. Mais que signifiait cette vision? Il lignorait. Il n’en comprit le sens que le lendemain, lorsque le prêtre, messager des douze serviteurs et servanties de Marie, vint lui soumettre leur projet. Instruit d’en haut sur l’excellence et les brillantes destinées de leur association, il les appela les Protégés de Marie, leur dressa un
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règlement de vie, et leur assigna l’Ara-Cœli pour centre de réunion.
C'est la plus ancienne des confréries connues. Saint Bonaventure l’établit à Lyon et dans plusieurs autres villes, Clément IV l’approuva en 1265, et Grégoire: XIII l’érigea en archiconfrérie, en chargeant ses membres de travailler au rachat des chrétiens retenus en captivité. Les associés se distinguèrent plus d'une fois par la générosité de leur dévouement, surtout au moment des troubles suscités, vers le milieu du xiv° siècle, par le tribun Nicolas Rienzi. Ils se rangèrent fièrement du côté de l’autorité légitime, qui était celle du Pape, et s’avancèrent, sous la bannière de Marie, à la défense de la justice, de la patrie et de la liberté, C’est en souvenir de cette victoire politique que leur association prit le nom de confrérie du Gonfalon : nom qu’elle a toujours gardé depuis (1).
Elle à survécu aux vicissitudes des temps et subsiste encore aujourd’hui à Rome, ayant pour siège central l'église Sainte-Lucie et conservant intact le cachet de piété et de dévouement que lui a imprimé saint Bonäventure. Elle ne s'occupe plus de la rançon des captifs ou des esclaves; mais, chaque année, elle a sa fête de la rosière et remet à quatorze jeunes filles du peuple, recommandables par la régularité de leur vie, une dot qui leur permet de fonder un foyer chrétien. On ne saurait faire un meilleur usage de l'épargne et de la fortune; car c’est ainsi que se transmet, d'âge en âge, la foi qui a présidé aux
1. Wadding, ann. 1265 ; — Moroni, Diot, hist, eccl, ; — Antoine- Marie de Vicence, 1, I, ©, xv,
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