Hexamer.^ serm. iv
14 SAINT B0NAVENTURE.
moiss la beauté de la forme que ta réalité et la vérité des fruits. Avant de quitter les bancs de l'école;^ Jean apprit encore de ses maîtres cette façon de eoaeevoir l'histoire. Quand un: jour, devenui le docteur Bo^naveature, il écrira son admirable traité de l'œuvre des six jours, il tracera de miain de maître les, lois de la critique. « La vérité, y lit-on, doit reposer sur quatre bases qui sont comme les quatre forteresses d'une citadelle. Il est de toute nécessité que l'affirmation des témoins soit certaine, que leur réputation soit irréprocbable, qu'il y ait concordance en leurs récits, que leur affirmation soit précise et ferme. Si le fait e&t authentique et certain, mais que la renommée du témoin soit mauvaise, on n'attache guère de crédit à sa parole,, tandis qu'on croit plu& facilement au dire d'uoi homme honnête et de bon renom. Si nialgré ses abonnes qualités morales sa narration est contredite par un grand nombre d'autres écrivains, le doute persiste. Si le fait est vrai, inattaquable l'auteur en sa conduite,, si les témoins « concordent en leur récit, mais que pourtant on sente quelque hésitation dans l'exposé du fait ou des circonstances, le doute peut malgré tout subsister^ ». En s' appuyant sur de tels principes il écrira la Légende du Séraphique Patriarche et fera connaître sa méthode : « Afin donc de transmettre plus exactement et plus clairement l'histoire de sa vie, je me suis rendu sur le lieu de sa naissance, visitai ceux ©ù il vécM et où il passa, conférai diligemment avec ses familiers encore vivants,, surtout avec ses compagnons et ses premiers disciples, témoins de sa sainteté, et dont la fidélité est hors de suspicion, tant à cause de la véracité de leur parole que de leur vertu éprouvée. Dans la relation de ce que Dieu daigna accomplir par son servi-