I. Wadding., Jnn. Min., ad annuni ivi'j
Contre son gré, notre saint fut élevé au cardinalat. La décision du pape était sans réplique; la modestie de Bonaventure fut mise à l'épreuve, mais sa soumission et son obéissance n'en furent que plus éclatantes. Contrairement à la coutume qui voulait jusque-là que seuls les plus anciens cardinaux eussent ce privilège,, Grégoire X confia au nouveau cardinal le siège d'Albano ; il ne pouvait lui donner une plus haute marque de son estime. Bonaventure ne demeura pas longtemps avec ses Frères au couvent de Mugello, mais habita avec le pape selon la pratique d'alors. Vers le mois de septembre Grégoire X se mit en route pour la France, voyagea en compagnie de sa cour, dont Bonaventure faisait aussi partie, d'après la chronique de Florence. L'itinéraire suivi comprenait plusieurs étapes ; car on passa par Modène, Parme, Plaisance, Milan, Chambéry, et de là on se dirigea vers Lyon, où le cortège fit son entrée solennelle dans les premiers jours de novembre. Le pape et sa cour se trouvant réunis pour l'ouverture du saint temps de l'A vent, Bonaventure prononça alors un éloquent discours. Cependant il n'était pas encore évêque. Grégoire X lui voulut donner une nouvelle preuve de son afifèction, en lui conférant la consécration épiscopale. Vraisemblablement cette grandiose cérémonie dut avoir lieu dans l'église primatiale de la ville ; la chapelle des Franciscains à cette date, n'était qu'un modeste sanctuaire où les Frères faisaient leurs offices, et trop petite pour une telle circonstance. « A domino Papa GregorioX ad cardinalatus assumptus, et ab eodem in propria persona Lugduni episcopus Albanensis ordinatus », dit la chronique de Glassberger^.
Tandis qu'en Occident se succédaient ces événements, les délégués apostoliques ne demeuraient pas inactifs;