‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 131 sur 143 · Fleury, Hist. XVIII · texte numérisé non relu

Fleury, Hist. XVIII

190 SAINT BONAVEiTrURE.

une hostie consacrée. L'apercevant, le malade reçu eiHit ses dernières forces, fixa pieusement son regard^ sur ce pain des Anges, et dans un transport d' amour et de foi conjura le prêtre de s'approcher davantage afin que de plus près il pût contempler l'Agneau divin, et ressentir une fois encore les indicibles émanations dé la divinité cachée sous les voiles eucharistiques. O prodige! l'hostie s'échappant des mains du Ministre alla d'elle-même vers le malade, dont elle pénétra la poitrine, laissant une marque sensible de son passage, enivrant de délices le cœur du moribond, dont les élans de tendresse et d'amour s'accentuèrent jusqu'à son dernier soupir^.

Se sentant défaillir de plus en plus, deveiiant toujours plus faible et languissant, il demanda le sacrement de l'extréme-onction que le pape eut à cœur de Itii administrer, comme dernier gage de l'estime et de l'affection qu'il lui portait. Une inscription qu'on lisait encore en 1^33 sur la porte delà cellule du saint, attestait ce fait de l'attention du pontife 2.

A partir de ce moment, Bonaventure n'était pour ainsi dire plus de ce monde, il priait sans relâche et déjà commençait son colloque avec le ciel.

Oh! l'heureux trépas! Bonaventure pouvait chanter enfin avec l'épouse des Cantiques : « Le roi m'a introduit en ses celliers 3. » Depuis longtemps son âme s'était habituée à être compagne des anges par la puTeté et l'innocence , compagne dés patriarches et des prophètes par l'humilité et Ta confiance dans la foi, fille des apôtres et des martyrs par la charité et la patience, fille des confesseurs et des vierges par la piété

1. Finea 3. Francisci. — Boule, Fie de saint Bonav., 1. III, ch. V, i3o.

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