Caut., I
et la continence ; il né lui restait plus après l'exil de la terre qu'à recevoir l'aumône du Père des miséricordes.. Comme pour incliner le regard de Dieu et se le rendre; plus favorable, il veut mourir en vrai Frère Mineur, dans l'humilité et la pauvreté d'une cellule conventuelle. Il était prince de l'Eglise, mais,il n'oubliait pas qu'il était fils du Patriarche des Pauvres ; c'est entré les quatre murs d'une étroite chambrette qu'il rendra le dernier soupir, loin du luxe et de tout faste. Avant d'expirer il se détache une fois encore de toutes les chosesi de la terre, ne se réservant qu'yn seul objet, son bréviaire, son cher bréviaire, ce compendium de la prière ecclésiastique ; il abandonne tout, manifeste un- seul désir : que ce bréviaire ëoit légué aux ministres provinciaux de la Province romaine qui l'avait reçu religieux. Jean- Baptiste de Giudici, mort en 1 384, évêque de Vintimille, rapporte que ce bréviaire se conservait alors en ladite province^.
Pendant M nuit du i4 au r5 juillet, Bonaventure s'endormit dans le Seigneur, et fut enseveli le jour même dans l'église conventuelle de son Ordre, en la petite, chapelle des Cordeliers. Ses funérailles furent célébrées avec une magnificence inouïe, telle que jamais ni avant ni depuis on n'en vit de semblables. Cette cérémonie funèbre ressemblait plus à un triomphe qu'à une sépulture, dit un biographe. Grégoire X, immen-
I. Nos Pères du couveat de Sainte-Anne de Munich firent Tacquisition il y a vingt ans environ, d'un bréviaire du xin^ siècle, qu'un savant bénédictin croit avoir appartenu au séraphique docteur. C'est là une opinion*, mais on se demande comment ce manuscrit passa d'Italie en Bavière, car î! fiit vendu par FânCîquaire Louis Rosenthal. Quelques critiques ont pensé que c'est, le plus ancien des bréviaires franciscains après ceux de S. François et de S'^ Claire; c'est le plus ancien avec la notation musicale, mais on en conserve un autre sans musique à la bibliothèque' Casanalense à Rome, qui lui est antérieur d'au moins quinze à vingt ans.
^ Il n
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sèment affligé de cette mort inattendue, s'y trouva en personne, suivi de toute sa cour, de tous les prélats présents au concile, ainsi que de tous les ambassadeurs grecs et latins et d'une foule incalculable de pieux fidèles. Pierre de Tarentaise, cardinal d'Ostie et archevêque de Lyon, doyen des cardinaux, compagnon du défunt dans les travaux conciliaires, et son ami, chanta la messe, prononça l'oraison funèbre. Ce fut un touchant spectacle : « Un cardinal priant pour un cardinal, un savant pour un savant, un saint pour un saint, un religieux po^r un religieux, un Frère Prêcheur pour un Frère Mineur, afin de montrer que sous la variété de l'habit il n'y a pas diversité de charité ^ ». « La ressemblance dans la profession religieuse, le glorieux enseignement qu'ils avaient tous les deux dispensé à l'Université de Paris, l'éminente sainteté qui leur était commune, les rendaient frères à plus d'un titre. Ce ne fut donc pas sans raison que faisant allusion à l'amitié de David et de Jonathas, le bienheureux Pierre de Tarentaise commença son discours ému, par ces paroleis de l'Écriture : « Je pleure sur toi, mon frère Jonathas ~. » Au dire des contemporains, l'orateur se surpassa en éloquence et lorsqu'on présence des dépouilles mortelles de son ami, il se plut à exposer les merveilles de sa vertu, les ardeurs de sa charité, et son amour de la paix, dont il avait donné tant de preuves aux Pères du concile, les larmes coulèrent de tous les yeux, et le pape lui-même éclata en sanglots. »
Les séances conciliaires se continuèrent dès le lendemain. Dès le début de la cinquième session, sitôt après la lecture des Constitutions, le pape, encore