Regul. Novit
élevé vers Dieu, tandis que sa main s'incline vers l'infirme. Il assiste le prochain, c'est vrai, mais en l'homme il trouve Dieu vers qui monte sa pensée; lorsqu'il voit un malade sur un lit, il lui semble n'apercevoir que son Jésus; alors rien ne lui paraît difficile, ni rebutant, ni vil a l'égard du pauvre patient et de ceux qui souffrent; tout lui est douceur, suavité, délices, car c'est le Christ qu'il sert en la personne du prochain. »
A un jeune frère que plus tard il affectionnera, et qu'il aura sous sa conduite, il tracera un règlement qui devait être le sien : « Mon cher fils, si tu veux persévérer dans la religion sans tache et sans ombre d'infamie, garde sans cesse les dix commandements que nous ont transmis les écrits et les exemples de nos pères.
« Sois assidu à la prière et à la lecture des choses saintes , deux choses qu'il ne faut pas perdre de vue pour avancer dans la vertu; fréquente souvent l'église; de jour, de nuit ne quitte pas ta cellule, et qu'on ne te trouve jamais oisif par le chemin, ou sur la place publique, mais dès que l'office est achevé, les repas terminés, ou que tu as fini de remplir quelque emploi prescrit par l'obéissance, sans délai retourne en ta cellule, et restes-y.
« Quant à l'honnêteté de ton cœur, et à la discipline des sens, sache par-dessus tout que pour cela tu ne dois lier familiarité, même spirituelle avec qui que ce soit, mais te faire tout à tous, de sorte qu'on ne reconnaisse point en toi de préférence pour une personne plutôt qu'une autre.
« Pour ce qui est de la langue, applique-toi soigneusement quand tu es en compagnie à ne dire que ce qui est nécessaire, et seulement si on t'interroge. N'aie de louanges pour personne, et alors même que d'autres se le permettraient ne parle mal ni des absents ni des présents.
« Prends grand soin de ne pas rapporter ou dire ce
que tu as entendu sur le compte d'autrui, si ce n'est
ce qui peut édifier. f
« Conserve le souvenir des bienfaits de Dieu, de tes péchés, du désir du ciel, des peines de l'enfer, et de ;:
tous ceux qui sont affligés. ^^
(( En ton cœur comme en ton langage ne juge per- . l sonne autre que loi-même 1. » 7
Le noviciat touchait à son terme, frère Bonaventure avait compris que seule l'observance des préceptes est la /^| sauvegarde de l'adolescence. Avec le prophète il répé- 5v
tait tous les jours à l'office : « Comment celui qui est jeune corrigera-t-il sa voie? » avec David il répondait : :;
« en accomplissant vos paroles, » et faisait siennes " ■ les paroles du psaume : « Je vous ai cherché dans toute |
l'étendue de mon cœur... j'ai compté vos paroles au fond dé mon cœur... » . li
C'est enfin de plein gré, sans contrainte, que le jeune novice émettra ses vœux. , S
La cérémonie eut lieu sans éclat, en présence sans doute de la communauté,. sans aucune pompe; car en 1
ces temps lointains le cérémonial ne contenait pas tout le développement solennel d'aujourd'hui. L'année terminée, le novice prononçait des vçeux solennels et ^ ; perpétuels, la consécration religieuse en faisait la chose de Dieu, res Dei : à partir de ce jour, Bonaventure n'appartiendra qu'à son Créateur.
La formation religieuse qu'il vient de recevoir n'a fait qu'augmenter en lui la soif ardente de la sagesse. Qui dira avec quelle attention diligente il s'adonnera à l'étude des saintes Lettres? Acquérir les sciences humaines était la part moins importante de son programme, ausisi progressait-il incessamment dans la grâce de la dévotion; « toute vérité conçue par son in-
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