‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 22 sur 143 · I. Chron. Salimbme · texte numérisé non relu

I. Chron. Salimbme

Si SAINT BONAVENÏURE.

le commentaire doit en premier lieu posséder l'onction de la grâce d'En-haut; secondement être député par la seule obéissance, h l'exemple de Moïse que Dieu délégua vers Pharaon. « Viens, lui fut-il dit, et je t'enverrai vers le Pharaon^. Et selon ce qui est contenu dans Isaïe : l'esprit du Seigneur est sur moi... pour annoncer sa parole à ceux qui sont doux, il m'a envoyé^. »

On pourrait presque affirmer que tout l'enseignement de notre docteur est renfermé dans l'étude de la Sainte Écriture. L'Écriture ne contient-elle pas seule la lumière surnaturelle indispensable à l'homme voyageur pour se guider dans la vie, et atteindre l'heureux terme, les rives de l'éternité? Après avoir démontré quelles sont la largeur, la longueur et la sublimité des saintes Lettres, il s'attarde à en faire entrevoir toute la profondeur. « La parole de Dieu est une mine infinie où l'esprit humain puise sans interruption sans que la lumière diminue ni se tarisse jamais. Immense est la profondeur de l'Écriture par la multiplicité de ses interprétations mystiques. Ce langage du Seigneur n'a pas seulement le sens indiqué par les mots qui sonnent à l'ouïe. Sous l'écorce des mots se voile une triple signification, a. savoir allégorique, tropologique ou morale, puis anagogique. Par un fait l'allégorie en indique un autre qui devient l'objet de la croyance. »

« Par ce qui s'est accompli, la tropologie enseigne ce qu'il faut faire ; et par un autre récit l'anagogie donne à entendre ce qu'il faut désirer, c'est-à-dire la bienheureuse gloire de l'éternité; car enfin toute la raison de l'Ecriture est que nous devenions bons, et soyons sau-

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