J. Gerson, De examine doctrinar
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Malgré les rapprochements qu'on peut établir entre nos deux saints^ la caractéristique de l'un n'est pas celle de l'autre.
En sa Divine Comédie Dante nous fait apparaître en son voyage dans le paradis d'abord saint Thomas, qui au chant dixième figure comme chef, comme l'exarque de la théorie de science; c'est lui qui répond aux interrogations du pieux pèlerin, et fait dans le chant suivant l'éloge du séraphique François. Dès « que la flamme bienheureuse eut dit, c'est-k-dire dès que Thomas eut cessé de parier, la sainte meule commença à tourner : c'est alors Bonaventure, le théologien de l'amour, qui prend la parole : Du cœur de l'une des nouvelles lumières sortit une voix, qui, me tournant vers elle, me fit ressembler à l'aiguille tournée vers le pôle... l'amour qui me fit belle^. »
Et le Docteur séraphique raconte les vertus de saint Dominique : « Il est juste que là où est l'un d'eux, l'autre paraisse aussi; puisqu'ils ont milité pour la même cause, il faut que leur gloire brille en même temps 2. »
Ce passage du Dante a toute son application quand il s'agit du Docteur angélique et du Docteur séraphique. Ne sont-ils pas, après Dominique et François, les astres les plus brillants au ciel des deux Ordres frères?
L'action bienfaisante du séraphique Docteur ne devait cependant pas disparaître totalement; car si Thomas d'Aquin triomphe sur le terrain de la dogmatique, sur celui de la mystique Bonaventure occupe une place que ne lui dispute pas son ami. Par la force, la clarté et la puissance de sa logique, Thomas afifermit les esprits dans la foi, Bonaventure entraîne les cœurs dans les