I. Domin. TV Epiph., serm. ii
L'ORATEUR. ' lOt
celui qui l'interrogeait et ses dispositions, le saint homme prévoyant l'effet ne voulut pas répondre : « Va, dit-il, apporte-moi un réchaud plein de. charbons ardents; ce qui fut sitôt exécuté. Le saint prit un des charbons les plus enflammés, qu'il déposa à terre,, laissant les autres dans le brasier, attendit un instant, le charbon s'éteignit. Pourquoi, sinon parce qu'il n'était plus avec les autres? S'il eût été dans le réchaud, la chaleur des autres lui eût conservé la sienne. Ainsi en est-il du solitaire, qui perd plus vile sa ferveur que s'il demeure dans une bonne compagnie \ »
S'inspirant du texte liturgique de l'office du jour,. Bonaventure en tirait toujours des enseignements appropriés aux besoins de ses auditeurs. Le premier dimanche de l'Avent, devant parler à Paris en présence des étudiants de l'Université, accourus au couvent de& Frères Prêcheurs, après avoir cité ce texte d'Isaïe : Kenite, et ascendamus ad montem Domim^, il débute ainsi : « A quiconque désire exposer ou écouter la parole de Dieu avec profit pour son âme, selon ce que dit le bienheureux Aréopagite, trois choses sont nécessaires : l'humilité de l'intelligence, la piété de l'affection,, et la volonté effective, ou l'avidité de l'action. Le rayon divin ne resplendit que pour les âmes vraiment spirituelles, ne s'étend que sur les humbles, et ne repose qjue sur celles qui sont dévotes. )î
Devant le roi de France et la famille royale, il disait,, le preniier dimanche de l'Avent : « Si quelqu'un veut célébrer dignement la naissance du Sauveur, il doit se renouveler intérieurement dans ses sentiments, extérieurement par de saintes mœurs et œuvres, afin qu'on trouve en lui les signes du salut par la confor-
i. Serin, saint Nicolas.