Matth,, Tiii
« Comme un navire, la vie religieuse est exposée à mille dangers; à l'immersion, parce qu'une infinité de petits défauts sont comme autant de gouttes d'eau s'infiltrant peu à peu; au péril des tempêtes, à cause, des péchés qui menacent de la détruire et briser; au naufrage, à cause du surcroît des marchandises, c'est-àdice par l'abondance des soucis matériels qui troublent l'âme en la surchargeant. »
« Le navire c'est rÉglise, c'est la Religion, où le pilote est le Christ ; la mâture est l'ordre contemplatif, l'intelligence ; la voilure, l'Esp rit-Saint, ou la discrétion ; le vent, la grâce de Dieu, ou le libre arbitre ; les marins ou rameurs, les coopératèurs du Christ, les prédicateurs et les confesseurs, ou les quatre affections de l'âme : l'espoir, la crainte, la douleur et la joie; les rames, les vertus qui poussent au bien; la poupe, le commencement de la vie religieuse ou la naissance de l'homme ; la proue, la fin de la vie ; le milieu du navire, l'avancement spirituel ; les voyageurs, les pensées; l'ancre, la doctrine de l'Evangile, la foi; .le port, la vie éternelle, la pénitence ; l'étoile, la Vierge Marie; la borne du port, la charité du Christ ou la componction et la ferveur de l'âme ^. »
Quand l'assistance manifestait quelque lassitude, il savait en éveiller l'attention par le récit de quelque édifiante anecdote. Un trait bien choisi, un exemple habilement amené, gracieusement présenté, possède une merveilleuse efficacité pour faire mieux pénétrer et fixer en l'esprit la vérité.
Dans un autre sermon, Bonaventure rapporte l'exemple de quelqu'un qui demandait à un saint homme s'il lui convenait de vivre dans un ermitage et d'y mener la vie solitaire. Connaissant les habitudes de