Joan., I
à la façon des saints, empruntant son texte au quatrième livre d'Esdras : Accipite jucunditatem glorise vestrse. <cLe Fils de Dieu nous est né pour notre bonheur, et sujet de réjouissance en nos méditations. Nulle méditation n'est agréable ni joyeuse sans lui, car: là joie du cœur est la vie de l'homme i; seul le Christ est cette joie, de lui et par lui nous la possédons. La joie de la contemplation procède encore de lui. Nulle contemplation n'est agréable si elle ne vient de lui. De lui la joie dans nos discours, nos prières, nos dévotions, nos entretiens , nos actions , nos édifications mutuelles. Oui, le Christ est la source dçi toute .allégresse. ».
Bonaventure fit sienne la doctrine du séraphique Père : custodiamus nos a sapientia mundi, gardons-nous de la sagesse du monde. Afin que son enseignement obtînt toute son efficacité jamais il n'oublia ces conditions essentielles du bon prédicateur, dont parle Pierre Chantre : « la sainteté de la vie et une conduite exemplaire 2», et selon Alain de Lille, « le prédicateur doit gagner la bienveillance des auditeurs par l'humilité de sa personne, et par l'utilité de ce qu'il propose ^ ». « C'est avec les simulacres de la pauvreté que les hérétiques vous combattent; employez les mêmes armes, prêchez d'exemples, et opposez la vraie religion à une sainteté feinte. » Admirable parole de saint Dominique aux prêtres qui s'efforçaient en vain de lutter contre, l'hérésie des Albigeois. Ainsi la grâce divine qui inondait son âme, la vertu qui ornait son cœur, communiquaient au langage de Bonaventure une onction particulière ; il puisait dans la continuelle méditation des