De arte prœdicat.^ c. i, P. L. GCX
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mystères de la foi, dans la science des Saintes Écritures et des Saints Pères, sa force de persuasion ; sa parole était comme une flèche acérée, comme une étincelle lumineuse, comme un brasier ardent.
S'il ne fut pas un remueur des foules comme saint Antoine de Padoue et plusieurs illustres Frères Mineurs de cette époque, son éloquence ne laissait pas d'être forte et puissante; ce qui fit dire à François de Fabriano, son biographe : « Quand il parlait, toute langue se taisait ».
Il tirait toujours profit des observations, parfois malicieuses de frère Marc son secrétaire. Après avoir été compagnon des deux Ministres généraux, frère Crescence et frère Jean de Parme, Marc de Montefeltro le fut aussi de notre saint. Son souvenir est « entouré d'une brillante auréole », dit Salimbene. « Si grande était l'affection de Marc pour son maître que lorsque après la mort du séraphique docteur on en rappelait en conversation les gracieuses manières et les grands mérites littéraires, il ne pouvait retenir ses larmes. Et pourtant, quand le Ministre Général devait prêcher au clergé, frère Marc allait à lui et lui tenait ce langage : « Tu es comme un mercenaire; ne te souviens-tu que lorsque tu prêchas l'autre fois, tu ne savais ce que tu disais? » « Frère Marc lui parlait ainsi afin de l'aiguil- , lonner et stimuler à prêcher encore mieux. Ge qui n'empêchait pas le dévot compagnon de transcrire et de vouloir conserver une copie de tous les sermons de frère Bonaventure, lequel du reste, chaque fois que frère Marc lui tenait ce langage injurieux, s'en réjouissait pour cinq motifs ; premièrement, parce qu'il était rempli de bénignité et de patience ; secondement, parce qu'en cela il imitait saint François ; troisièmement, parce qu'il était assuré que frère Marc l'aimait de tout son cœur; quatrièmement, parce que cette manière d'agir étouffait en
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lui tout germe de; vaine gloire; cinquièmement enfin, parce que cela le stimulait à être plus soigneux^. »
C'est grâce h cet attachement de frère Marc que nous devons de posséder une grande partie des sermons du saint docteur. Bonaventure les écrivait-il? peut-être que non, mais frère Marc qui les entendait les recueillait et transcrivait. La multiplicité des circonstances qui obligeaient notre saint à prendre la parole, et l'abondance de ses autres occupations ne lui laissaient vraisemblablement pas le loisir de tout écrire. Il improvisait donc, objectera-t-on alors? Non, le séraphique Docteur ne doit pas être rangé dans la catégorie des improvisateurs audacieux, qui au mépris de la vérité chrétienne et sans respect pour l'auditoire, osent affronter le public sans autre préparation que leur facilité de parole, il avait autrement conscience de la dignité de la tribune évangélique. Ses connaissances théologiques lui fournissaient d'abord tout un arsenal, enrichi par ses quotidiennes et incessantes méditations des Saintes Lettres, sans compter une Somïne de textes sacrés, empruntés à l'Écriture et aux Pères de l'Église, qu'était son carquois, sa Pharetra où il puisait en toute opportunité. Persuadé qu'une instruction ne vaut que ce qu'elle a coûté, il ne fut pas improvisateur au point de se présenter devant le public sans la moindre préparation. Ne traça-t-il pas en effet les conditions requises en tout Frère Mineur pour être promu à l'office de prédicateur 2. « Personne ne devait être admis qui ne possédât avec la science les qualités physiques et morales que suppose une si haute mission. » Il partageait à ce sujet les idées de Salimbene : « N'est-il pas triste d'en voir certains monter en chaire, à qui, s'ils appartenaient à