‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 82 sur 143 · Exposit, in Regul., cap · texte numérisé non relu

Exposit, in Regul., cap

le' MINISTRE GÉNÉRAL, SON 'œuvre' 113 '^'

famille naissante à la principale hiérarchie de l'Eglise, a François promet obéissance et respect au seigneur Pape Honorius et à ses successeurs; tous les frères y seront également tenus ». « Ce respect qui s'adresse d'abord au chef s'étend à tous ceux qui dans l'Église sont légitimement constitués en quelque office ecclésiastique, fait observer saint Bonaventure. Voilà pourquoi les Frères Mineurs y sont tenus plus que les autres. »

Ayant pour le Siège apostolique le respect filial que désirait François, Bonaventure se tourna vers Rome d'où lui vinrent le conseil, l'appui et la protection. Des pontifes romains il obtint plusieurs privilèges et faveurs pour ses religieux. L'intention de François était que ses frères n'aspirassent point aux dignités, n'acceptassent jamais aucune prélature, mais demeurassent toujours de vrais frères mineurs, fc'eist-à-dire petits, humbles et serviteurs de tous. Depuis longtemps régnait la coutume de choisir, au contraire, dans les couvents et maisons religieuses des hommes remarquables, exercés dans la milice du Seigneur, qui par l'exemple de leur vie et l'enseignement de la doctrine fussent capables de gouverner le peuple. « Il convenait, disent les critiques, qu'il en fût ainsi. Quand de tels hommes, longtemps nourris dans le cloître du pain de la sainte vérité, sont lancés pour courir avec rapidité devant les autres, et instruire le peuple par la grâce et le charme d'une prédication soigneusement préparée, ne sont-ils pas comme des cerfs agiles, qui aident en même temps qu'ils ensei- . gnent à gravir les sommets du bien ?»

Bien que l'ordre de Saint-François n'eût pas pour mission de fournir des pasteurs aux églises, il arrivait qu'on choisît quelque savant et pieux frère mineur pour lui confier l'administration d'un diocèse. Le fait se renouvelant assez souvent, Bonaventure s'en alarma. Sans doute c'était un honneur pour l'Ordre que de voir

114 SAINT BONAVBNTURE.

ses ïneaâiTes xecevoif la: coaséfisatioiï épiseopale ; mais; «ne si haute Jignké it'est pa8> sans éGueil. « Cesfe de l'humilité, (lisah notre saint, que de £uir. les honneurs^, a rimitation de Jésus-Christ, et cela autant que possible , à moins que l'obéissance ou le zèle; des âm.es. n'obligent à les accepter 1. »

Prendre les meilleurs pour en faire des évoques, c'était priver l'Ordre des grands avantages qu'il trouvait dans le bon exemple de ces religieux. Ceux qui: étaient des pierres du sanctuaire^ des pierres choisies, quand ils vivaient sous la main du sculpteur chargé éki les polir dans le cloître, une fois nkunîs d'autorité pour guider les autres, se conserveraient-ils jusqu'au bout semblables à Nephthali, cerf lancé, qui prononce des discours pleins de beauté ^ ? La conduite des âmes est l'art des arts, la science des sciences. Bonaventure tremblait à la pensée que tous pourraient bien ne pas posséder la compétence suffisante.

Ne devaitf-on pas craindre que l'ambition s' emparant du cœur de moins fervents, on en vit briguer lescharges dans l'espoir de secouer ou fuir le joug de l'obéissance,, de l'austérité conventuelle et de la. vie régulière? Les prédécesseurs de Bonaventure, prévenant ce danger, avaient obtenu du Siège apostolique des déclarations opportunes touchant cette grave question^.

Privilèges pontificaux.

Alex. IV, bulle Odorem suum (Arcliiv. conv. Dijon 11/24) an. 1257 permet au Ministre générai et aux provinciaux de suspendre en leiirs provinces respectives les i^eligieuTC employés par leS. S, comme prédicateurs deS' croisades ou comme inquisiteurs, d'en; substituer d'autres à leur place, et de- porter contre eux les censures ecclésiastiques en cas de désobéissance.

Page 1