I . De sex alis Seraph., c. i
dienne; saint François en avait compris la nécessité, et même statué divers articles afin d'obvier à des abus. Les ministres généraux, les chapitres avaient tour à tour pris des décisions prescriptives ou prohibitives. Au chapitre de 1289, présidé par le pape, où frère Albert de Pise fut élu ministre général, « on fit beaucoup de Conslitulions, sans ordre, dit la Chronique; plus tard saint Bonaventure les ordonna, y ajoutant un peu du sien, mais taxa les pénitences en quelques lieux * ».
En efiet, « au chapitre de Narbonne en ia6o il donna forme et ordre aux Constitutions, et présenta des canons pénitentiaux pour le progrès des simples ^ » .
Bon nombre de frères n'admettaient pas qu'on fît la moindre interprétation de la Règle, se basant sur le désir de François que sa Règle fût observée sans glose, à la lettre. Au rigorisme des spirituels , Bonaventure oppose le principe d'autorité de l'Eglise. Il pose comme base de son raisonnement que « le pape -a tout droit d'interprétation , étant le dépositaire souverain de la fui et de la doctrine. Ce faisant il n'introduit pas le relâchement, mais s'en tenant à l'esprit il accorde une dispense qui s'impose. Connaître les lois ce n'est pas s'en tenir uniquement aux mots, il faut en envisager la force, et considérer l'étendue. Par ailleurs, il ne convient pas de perdre de vue que ce qui a été statué à cause d'une nécessité temporelle, doit cesser, la nécessité cessant^ ».
Bonaventure gouverna avec la prudence du supérieur tel qu'il lexlépeint en son Traité des six ailes du Séraphin.
Le premier souci de François fut de rattacher sa