I. B, Fahy, Fie de- S. Bonaventure, ch. xx
résout par une seule phrase toutes les objections touehant la pauvreté : (( L'ordre des Frères Mineurs, ni aucun de ses membres, ne possède rien en propre, mais en qualité de serviteurs du Christ, et esclaves pour le Christ qui pour nous a pris la forme d'un esclave, tous vivent en des demeures étrang-ères, pour imiter celui gui n'eut pas d'habitation où reposer sa tête. )> .
Au second chapitre peut se rapporter tout ce qu'il écrivit pour l'instruction et la formation des Novices. Et comme en ce chapitre il est question du vêtement des Frères, on peut y rattacher la prescription de la ,forme définitive de l'habit franciscain. Ce sujet a donné lieu à de trop longues discussions sur lesquelles il est inopportun de revenir.
Saint François porta un habit pauvre, grossier, sans trop se soucier d'une forme absolue. La pauvreté et la grossièreté étaient pour lui les conditions essentielles. Il ne semble pas que ses compagnons, ni tous les frères depuis le saint fondateur et jusqu'au généralat du séraphique docteur, aient eu grand souci d'une coupe uniforme pour tous, ni pour tous les pays. Le vêtement était une tunique de buré, et un chaperon, en somme le vêtement des pauvres de l'Gmbrie. Les riches et les nobles, à celte époque, portaient le coqiieluchon, chaperon ou bonnet des Gaulois, non carré mais plutôt rond. Ce chaperon était plus ou moins orné, celui des moines plus simple, étroit, pointu, et non attaché a i'habili.
Bonaventure régla la forme de l'habit qu'à Tavenir devraient porter tous les Frères Mineurs ; l'autorité pontificale approuva et sanctionna cette importante
I. Voilà ce que nous lisons dans un petit livre intitulé : Les Prérogatives de la robe, au chapitre où il est question des signes de noblesse. Paris, 1701, Prérogatives^ p. 107-108.
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décisiàn. Dans une fresque de Saint-Jean de Latran se conserve, pour l'instruction de toutes les générations = futures, ce modèle du vêlementfranciscain. Celte forme est celle que les Frères Mineurs conservent jusqu'à ce jour. La tunique est en forme de croix; sa matière grossière prêche le mépris de la vanité et de la gloire du siècle. « Frères, dit le poète Brizeux, de vos humbles vertus purifiez les âmes...» Opposez votre bure au luxe fou des femmes. »
Le chapitre troisième regarde l'office divin. Bonaventure dit que le bienheureux Patriarche donna à ses frères le bréviaire de la Curie romaine, lafin de « rattacher sa famille religieuse à cette sainte Église romaine, laquelle instituée par le Seigneur est immédiatement soumise à la cour céleste ».
Il enseigne la vraie méthode de la célébration de l'office divin; il en trace les règles, entre dans les plus menus détails afin que soit accompli comme il convient cet « Opus dei », œuvre de Dieu. « N'allez pas, dit-il, à l'office divin comme le paresseux, ou quelqu'un qui s'ennuie, soumettez-y le corps à l'esprit, tenez-vous-y avec révérence, psalmodiez allègrement et dévotement en présence des Anges qui sont là... Dès le commencement, chassez toutes les vaines pensées, soyez attentifs aux psaumes que vous chantez, autrement vous n'éviterez pas le tumulte de vos imaginations. Après l'office, efforcez-vous de conserver la dévotion que vous avez dû y puiser, et ne vous répandez pas aussitôt en choses vaines ^ »
Le bréviaire est le bouquet spirituel où le Saint- Esprit distribue le pain substantiel de la doctrine céleste. Le bréviaire est une table divinement servie où sont invités tous ceux qui ont faim et soif de justice et