I. ^n. Franc, Ghisbergei
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eurent plus de souci de la science que de leur perfection intérieure! si l'on peut ajouter foi à ce que dit Ange de Clarène, il arriva même que « Grescent de Jesi «ut une soif insatiable de savoir, dé paraître, de posséder, d'acquérir, de changer les lieux solitaires et pauvres, d'édifier des couvents somptueux, d'apprendre les sciences mondaines, et de multiplier leurs écoles, mettant la science vaine au-dessus de la sagesse divine* ».
Comme le bienheureux Jean de Parme avait échoué dans la lâche ingrate et difficile d'une réforme, il fut réservé à Bonaventure d'apporter un juste tempérament à toutes choses, de concilier les esprits, et de donner aiix études une raisonnable et convenable organisation.
Le neuvième chapitre traite de l'ofEce des prédicateurs.
A ceux qui prétendent que l'office de la prédication et de la confession n'appartient pas aux Frères, notre saint répond et prouve au contraire qu'il n'y a en cela rien qui soit opposé à l'esprit de la Règle, et il pose la question : Pourquoi les Frères prêchent-ils et entendent-ils les confessions ? « Dieu, dit-il, qui a créé toutes choses de rien, aurait pu sans le secours de personne subvenir amplement à tous les besoins des âmes ; îr a voulu s'adjoindre des auxiliaires et des ministres qui s'occupent de ce soin. De cette façon il laissa aux pasteurs suprêmes l'exemple de partager avec d'autres leur ministère. Il est d'autant jplus nécessaire pour ceux-ci de se faire aider que déjà sont venus les temps annoncés par saint Paul, où le nombre des pécheursi s'est multiplié, et aussi celui des gens sans l'iostruction religieuse suffisante, où la séduction de l'hérésie est plus à craindre, le nombre des justes plus restreint,
I. Angel., Histor. Trihidat. tribulat. III. — Jrchiv. f. Z. K. G., p. aS^jCtiiot. B. 256.
: LE SIINISTRE GÉNÉRAL: SON OEUVRE. i37
plus grande la difficulté de gouverner, plus évidente l'insuffisance des prélats,, et plus graves les dangers pour la foi.... Afin d'obvier à tant de maux le Saint- Siège d'où procède toute juridiction, a approuvé, par une disposition vraiment providentielle, l'institution d'Ordres religieux à qui est confiée la mission de prêcher et de confesser, afin de subvenir aux nécessités des fidèles, et. à la pénurie du clergé, allégeant ainsi le fardeau des pasteurs, sans leur porter préjudice. »
(( Ici il est important de ne pas perdre de vue que la hiérarchie terrestre semblable à la hiérarchie céleste a sa source en Dieu, et comme elle est une; selon le pseudo-Denys : « Toute émanation de spleiideur, que la céleste bienfaisance laisse déborder sur l'homme réagit en lui comme principe de simplification spirituelle et de céleste union, et par sa force propre, le ramène vers l'unité souverainq, et la déifique simplicité du Père. Car toutes choses viennent de Dieu et retournent à lui ^ Si donc la hiérarchie se répand heureusement en rayons multiples, elle doit garder essentiellement son identité immuable et sa permanente unité. « Aussi bien, remarque Bonaventure, « la charge pastorale n'est pas un domaine, mais un office, et comme une effusion de la puissance ecclésiastique'^ ». « Lorsque, par conséquent, munis de l'autorité du pape et des, évêques, les Frères prêchent ou confessent, ils ne portent^ préjudice à personne, mais allègent un fardeau, les fidèles n'ayant plus besoin de se présenter à leurs prêtres si déjà ils se sont, confessés. »
« Dans le soin des âmes porter secours à ceux qui en ont la charge et ne peiivent satisfaire personnellement à leur devoir, partager le labeur et la sollicitude des