‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 95 sur 143 · I. Saint Bonaventure. Quare Fratres Minores pmedicefit · texte numérisé non relu

I. Saint Bonaventure. Quare Fratres Minores pmedicefit

qui meBafeait l'Ordre soif à l'extérieur soit à rintérieur. Dans ïa première lettre cireiil aires adressée; à tous les Ministre* provinciaux et à tous les CBstodes, il signale tous les écueils , en fait l'énumération , fait ressortir comment le lustre et la splendeur de l'Ordre peuvent avoir à souffrir de l'éloignement de la pratique de la pauvreté, donnée par saint FrançoiS' comme base à l'édifice de sa religion. « Traiter ou brasser trop d'affuires, se mêler trop souvent avec les gens dû va&nùe, voyager plus que la nécessité l'exfge, construire des couvents où ïa Siomptuosité et la* curiosité l'emportent, entretenir des familiarités avec le siècle, faire de trop larges dépenses, occuper, puis abandonner les résidences : voilà autant d'obstacles à la paix de râme^ a la tranquillité des consciences, au progrès dans la vertu, et à la fidèle observance de la Règle. » « Je comptey écrit-il, sur votre diligence, votre sollicitude et l'ardeur de votre zèle. . . car si tous ne sont pas coupables, la malédiction les englobe tous si les bon» ne s'opposent pas aux actes des délinquants»; car il est plus clair que le jour que les infractions des^relâchéss rejaillissent sur tout l'Ordre comme un opprobre. Après avoir éveillé la dévotion* dans \e cceuî?, suscité la ferveur du zèle, rejeté les marchands de la maison du Père céleste, embrasez tous nos Frères de l'amour de la dévotion et de l'oraison; restreignez le nombre des admissions, vous conformant strictement à ce qui est prescrit. » Bonaventure adjure ainsi tous les supérieurs au nom d^ sairtÉ François, au nom du Christ. « C'est le bi'eûheureux François' qui vous invite, c'est le sang^ diu Christ, c'est Te Seigneur très haut qiâ vou» exhorte. »

En sa lettre il proteste de son insufftsance, aliègoe la fragilité de sa santé, l'imperfection de sa sfîieKce^ son inexpérience dès affaires. Malgré tout, on le verra pen*

dant les longues années de son gouvernement donner ' l'exemple du supérieur parfait. C'est avec raison que les Frères Mineurs le regardent comme un second fondateur.

«Un supérieur, dit notre saint, doitposséder la maturité de l'âge, la science, la discrétion, le zèle de la justice et de la discipline, la douceur, l'esprit de compassion, la dévotion et la confiance en Dieu, puis finalement la patience dans l'accomplissement de sa charge. » Quand Bonaventure fut choisi pour chef de la nombreuse famille franciscaine, il était encore bien jeune, et ne comptait que trente-six ans, mais la sagesse suppléait au nombre des années.

Le dixième chapitre veut que les Frères qui sont ministres et serviteurs des autres Frères les visitent, les avertissent et les corrigent avec humilité et charité, et ne leur commandent rien qui soit contre la Règle.

Rien ne contribue autant au maintien de l'ordre et de la discipline dans les maisons religieuses comme des ordonnances claires et précises, des constitutions sages et pondérées, appropriées aux nécessités des temps et des lieux. Bonaventure le comprenait. Jusqu'à ce jour les Frères Mineurs ne possédaient pas de code ; il n'existait guère que des règlements épars, dictés par les circonstances.

Jean de Parme est le premier qui ait entrepris de visiter les Provinces comme le prescrit la Règle. C'était presque chose inouïe jusqu'à ce jour, si l'on excepte la visite que fit en Angleterre, sa patrie, frère Haymon deFaversham. Frère Bonagrazia tenta d'imiter l'exemple de Jean de Parme; sa frêle santé ne lui permit pas de supporter les fatigues des voyages, il dut s'arrêter à Avignon, où s'acheva sa carrière terrestre.

Jean de Parme est aussi le premier qui ait accordé àes lettres d'agrégation aux personnes dévouées à

l'Ordre, en reconnaissance de leur aflPection pour les Frères Mineurs, et de leur générosité envers eux. La formule nous en a été conservée par Salimbene d'après un exemplaire de Ferrare du 6 septembre i254.

La perspective de pénibles voyages n'arrêta jamais le zèle de Bbnaventure, ir courait, volait partout, où les obligations de sa charge l'appelaient, partout où se '

trouvaient des douleurs à consoler, des encouragements à donner, des intérêts de l'Ordre à. défendre, des décisions à prendre. Il se multipliait sans calculer avec la peine.

Il occupait à Paris une chaire de la Sçrbonne quand Dieu l'appela à la plus haute fonction parmi ses Frères. Si l'on admet qu'il fut présent au procès de Frère Jean de Parme, il dut partir de la capitale presque immédiatement après son élection pour se rendre en Toscane. Le 23 octobre de la même année 1257^ il était de retour à Paris pour sa promotion au grade de Maître en théologie. Pour la fête de la Pentecôte 1268 Pise le possédait en ses murs, et il est présent à la fondation de l'hôpital du Saint-Esprit. Les biographes ne nous disent pas quel fut ensuite son itinéraire, mais à l'automne de 1259 ^^ dévotion le conduisit V^

sur le mont Alverne, pour y respirer le baume des vertus qu'y avait laissé le séraphique Patriarche. L'année suivante, 1260, l'amène en France, et c'est à Narbonne qu'il préside un premier chapitre général.

La même année il est à Assise pour la translation des restes de sainte Claire. Morte le 12 août i253, Claire fut mise au catalogue des saintes deux ans plus tard par le papeAlexandrelV. Cinq ans après, c'est-à-dire en 1260, on fit la translation de ses restes pour les déposer dans l'église commencée à Assise par Grégoire IX, et * qui venait d'être achevée des deniers du trésor apostolique. « Jamais sainte ne fut si glorifiée pendant

U% SAiNT BONAYENTUBB.

sa vie et après^^sa mort, » ditle P. Jean Boaaventure*,

Le^oetpbre^ après sept ans qu'elle reposait au monastère de SainÏT-Damieu j, sainte- Claire fut transférée au monastère de soBi uem,, dans l'église appelée d'abord Saint-Georges, et dans laquelle reposèrent peudànt yingtr'huit ans les dépouilles de saint- François.

Les religieuses qui suivirent le convoi ^ habitèrent le nouveau monastère construit par ordre du pape Grégoire IX et achevé par Mexandre IV ; elles* y; demeurèrent les gardiennes de leur sainte fondatrice.

Bien que par volonté du pape les évêque* de Pérouse, Spolète et Assise fussent présents à: la eérémome, ce fut néanmoins! saint Bonaventure qui présida cette bienheureuse translation.

Vers la fin^ de 1260, il s'était transporté à Grvieto pires du pape Urbain IV. Le quatrième dimanche de ï'Avent de cette année il prêcha à Rome en présence dû pape et de» cardinaux, et le jour de Saiîit-Etienne devant toute la curie romaine. C'est alors que le pape lui fit le grand honneur de l'admettre d'ans un consistoire.

Au mois d'avril 1263, Bonaventure assistait dans la ville de Padoue à la translation des> reliques du grand thaumaturge Antoine de Padoue. Reconnaissants des immenses bienfaits obtenus grâce a la médiation de l'humble serviteur de Dieu, les Padbuans venaient d'achever la construction d'une magnifique église qui devait contenir le tombeau de saint Antoine, Le pieux géïiéralse rendit aux vœux de la population, et honora de sa présence toute la cérémonie, Bepuisi trente-deux ans le cadavre était couché dans la tombe-; lorisqu'on rouvrit quel ne fut pas l'étoBnemeal- des témoins :

t. Fahy, Fie de saint Bonaveniurc, 10 juîH. 1746, cap. xvi, BTs; 1428, Bibl. nation., Lyon.

tout 'le corps êtîiît réduit en cendre et enrpoussière, seule la langue «'était conservée, rose et'fraîcfhe, comme si la mort n'eût été que de la veille. Le dévot Ministre la prit avec un grand respect, et versant un torrent de larmes s'écria dans l'excès de «on adwiiralion : ce O lîngua beneMcta, ô langue bénie, qui ne cessa jamais de 4>énir le Seigneur, apprenant aux autres à le bénir, maintenant il paraît visibleraenl combien tvi as acquis de mérites devant Dieu. » Après l'avoir baisée amoureureusement il recommanda de la placer h part avec respect.

De la Vénétie Bonaventure se dirigea vers Pise, y tint un nouveau chapitre où furent puWiées des rubriques concernant la dévotion envers la très sainte Vierge Marie. Après le chapitre, le ministre général profita de l'occasion pour solliciter du pape Urbain d'accorder le seigneur Jean Gaétan Orsini pour protecteur de l'Ordre. Le pape proposait «on neveu le cardinal Aucher Pantaléon pour protecteur des Frères Mineurs, mais avec une sainte hardiesse Bonaventure insista pouT ia nomination du cardinal Orsini, sur qui se portaient les vues de tous les membres du chapitre. Le pape se désista et fit droit au dësir des suppliants ^ Le 3 août 1264, Bonaventure prêchait à Sens l'invention du corps de saint Etienne ; il ne demeura pas bien longtemps en France, car très peu après il se trouvait de l'autre côté des Alpes. C'est alors, pense le 'P. Léonard Lemmens, qu'il donna au palais du pape à Orvieto, une série de sermons pour douze des dimanches après la Pentecôte'.

En 1265, le pape Clément IV, par bulle du 24 novembre, le nommait à l'archevêché d'York en Angleterre. De Paris où il se trouvait, notre saint se rendit

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