I. Epist, 38, p. 9a
a. Epist, 70, p. aoi.
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TEms à Test, et comprenait par conséquent la Haute Autriche, le pays de Salzbourg, le Tyrol et une partie de la Styrie. Au nord du fleuve, elle disputait aux Francs une région qu'elle s'est depuis lors assimilée, et qui s'appelait le Nordgau. Le pays était converti au christianisme depuis quelques générations, grâce aux prédications de saint Rupert à Salzbourg, de saint Corbinien àFrisingue, et de quelques autres. D'autre part, la dynastie ducale, appartenant à la célèbre famille des Agilolfings, était sincèrement chrétienne, et les derniers princes avaient donné des preuves de leur zèle pour la religion.
Ce qui manquait à l'Eglise de Bavière pour jouir d'une vraie vitalité, c'était le groupement hiérarchique de ses chefs sous l'autorité métropolitaine, c'était le fonctionnement périodique des conciles, c'était le lien avec Rome, le centre du monde chrétien. On s'en rendait compte en Bavière, car déjà en 716, l'année même où Boniface encore inconnu mettait les pieds sur le continent, leducThéodon II, le premier des princes allemands qui ait fait le pèlerinage de Rome, avait rapporté de la Ville Éternelle des instructions et ramené des légats pontificaux qui devaient, dès lors, donner à ce pays l'organisation d'une province ecclésiastique complète. Ils avaient la triple mission d'instituer un archevêque, de créer des évêchés, de convoquer et de tenir des conciles. Mais la mort de Théodon, survenue dès 717 et suivie de querelles dans sa famille, avait fait échouer ce
projet, et son fils Grimoald avait témoigné de son peu de zèle pour une réforme religieuse en épousant sa belle-sœur contrairement aux canons. C'est seulement le rétablissement de Tunité nationale de la Bavière sous Hubert, petit-fils deThéodon, qui permit de reprendre le projet abandonné, et ce fut la première tâche à laquelle se consacra Boniface. Elle Toccupa de ^32 à y4i, mais, comme on le verra bientôt, il ne put la mener à bonne fin qu^au retour de son troisième voyage à Rome, en 738.
Ce n'est pas seulement l'impulsion de la piété ni le désir de faire la connaissance personnelle du souverain pontife qui le ramenaient, après seize ans, au tombeau des saints apôtres, c'était aussi et surtout le besoin de recueillir, sur les lèvres mêmes du chef des fidèles, la solution de tous les doutes qui assiégeaient sa conscience, avec les indications et les directions dont il sentait plus que jamais le besoin impérieux. Déjà, dans la lettre par laquelle il lui annonçait son élévation à Tarchiépiscopat, le pape avait répondu à plusieurs de ses questions, mais il en avait résolu quelques-unes dans un sens moins large que son prédécesseur Grégoire II, et il tardait apparemment à Boniface d'aller s'expliquer avec lui*.
Il partit, accompagné cette fois encore d'un grand
I. Epist, 36, p. 101 (Lettre de Grégoire III) : Ad limina beatorum principum apostolorum se praesentavît et quœ ad salutem animarum pertinent a nobis exposcit imbueri.
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nombre de disciples, et son séjour à Rome se prolongea près d'une année. Rien que cette durée atteste l'importance et le nombre des problèmes qu'il soumettait au juge infaillible de la foi. Il eut d'ailleurs tout lieu de se réjouir du succès de son voyage. Le pape , écrivit-il de Rome à ses intimes, lui avait réservé le meilleur accueil et lui avait fait les réponses les plus consolantes, tout en l'encourageant à persévérer dans ses féconds travaux ^ En leur annonçant ces bonnes nouvelles, il ajoutait qu'il n'attendait, pour quitter Rome, que la réunion d'un concile dont la date n'était pas encore fixée : aussitôt qu'il aurait eu lieu, il prendrait le chemin du retour. Ce dernier détail est instructif, en ce qu'il nous permet de reconnaître une des principales sources où Boniface allait compléter ses connaissances canoniques et dogmatiques : c'est incontestablement dans ces solennelles assemblées où les docteurs de l'Eglise, sous la présidence de l'autorité infaillible, débattaient entre eux et résolvaient, eu qualité de législateurs, les questions qui intéressaient la vie religieuse de leur temps.
Boniface quittait pour la troisième fois le centre de la catholicité, qu'il ne devait plus revoir. Cette fois, il ramenait une des plus précieuses conquêtes qu'il eût faites au cours de ses migrations apostoliques : son
I. Epist, 3/|i p. loo (Lettre de saint Boniface) : Gratanter nos ciim gaudio apostolicus pontifex suscepit, et de legatione nostra laeta responsa reddidit, et consilium et prœceptum dédit, lit iterum ad vos revertamus et in certo laborc pcrsistamus.
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compatriote et parent Wunnibald. L'histoire de ce moine anglo-saxon nous peint au vif Ténergie et Tesprit aventureux de sa race. Wunnibald et son frère Willibald appartenaient à une famille noble; on a même soutenu qu'ils étaient de race royale. Tous deux avaient embrassé la vie monastique dès leur plus tendre jeunesse. Mais la paix du cloître ne suffit pas toujours à ces ardentes natures barbares, pour qui les pèlerinages lointains étaient comme le souvenir des expéditions guerrières de leurs ancêtres. Ils voulurent visiter à leur tour les sanctuaires vénérés. Willibald, qui était le plus résolu des deux, détermina son frère à l'accompagner, et tous deux entraînèrent leur père, bien que les enfants de son second lit fussent encore en bas âge. Mais les fatigues de la route épuisèrent les forces du vieillard; lorsqu'on eut passé les Alpes, il vint expirer à Lucques, et ses fils, après avoir déposé son corps dans la terre étrangère, continuèrent seuls leur voyage. Wunnibald se considéra comme au terme de ses pérégrinations lorsqu'il fut arrivé avec son frère dans la ville sainte. Pendant que l'impétueux Willibald continuait sa route jusqu'à Jérusalem, il se fit recevoir comme moine dans un monastère romain, heureux de couler le reste de ses jours à l'ombre des grands souvenirs chers à la foi catholique. C'est dans cette retraite que le trouva l'apôtre de la Germanie. L'éloquence du prélat et le dévouement du moine durent se rencontrer sur les mêmes hauteurs idéales, puisqu'il fut
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donné à Boniface d'arracher son parent k la douceur de Texistence religieuse dans sa seconde patrie, pour le conduire aux labeurs épuisants de Tinculte Allemagne et parmi les barbares adorateurs de Wodan. Cette conquête lui en amena une autre, car, quelque temps après, Willibald, revenu de Palestine, se laissait décider par son frère à le rejoindre en Allemagne, et à se mettre comme lui au service de l'œuvre d'apostolat.
C'est au printemps de 739 que Boniface dit adieu à la Ville Éternelle, et, accompagné de tous les siens, regagna sa patrie adoptive. Cette fois encore, Luitprand donna l'hospitalité du palais royal de Pavie à la sainte caravane. Comme lors de son dernier voyage, le saint emportait un précieux trésor de reliques destinées aux sanctuaires qu'il avait fondés, et plusieurs lettres de recommandation que lui avait données le pape. Dans la première, adressée aux évêquès et aux abbés des pays par où devait passer le saint, il les exhortait à le recevoir comme un prophète, et ajoutait : « Si quelqu'un de vos prêtres veut se joindre à ce saint homme pour la prédication de la foi catholique, n'y mettez pas d'obstacle; prêtez-lui plutôt votre concours, en lui fournissant des collaborateurs dans le ministère de la parole divine, afin qu'il gagne des âmes à Dieu et que vous deveniez vous-mêmes participants de ses mérites* ». Aux peuples de la