‹ Saint Boniface (680-755)Chapitre 32 sur 82 · Epist, 43, p · texte numérisé non relu

Epist, 43, p

L* ARGHIÉPISGOPAT. 7 1

Boniface y pourvut quelque temps après. Il y avait sur une colline boisée, aux bords de ce fleuve, une chapelle dédiée à la sainte Vierge, dont le comte Luitger, qui l'avait bâtie, avait fait don à Boniface : celui-ci y avait érigé un monastère, et il y plaça plus tard un évêque. La ville s'appelle Eichstaedt; l'évêque, c'était ce Willibald qui revenait de son long pèlerinage en Terre Sainte, et qui trouva ici une occupation digne de lui. Son frère Wunnibald et sa sœur Walburge vinrent le rejoindre, et prirent la direction du monastère double de Heidenheim, pendant que leur compatriote Sola, accouru sur leurs traces, édifiait et dirigeait celui de Solnhofen. La petite pléiade de missionnaires anglo-saxons faisait apparaître une constellation nouvelle dans le firmament religieux de l'Allemagne.

C'est ainsi que ce grand pays se voyait définitivement incorporé à l'Église universelle, et réparti en groupements hiérarchiques réguliers dont la vie se développait sous la haute direction du légat de Rome. Cette organisation religieuse a traversé les âges, bien qu'elle ait réclamé de bonne heure quelques modifications rendues nécessaires par les circonstances géographiques du pays. Ce n'est pas en vain que le pape, en imposant à Boniface l'obligation de créer des diocèses, lui avait rappelé la prescription canonique qui interdisait de les établir dans de petites localités *. Cette règle si sage n'avait^Jpu trouver son I. y. ci-dessus, p. 60.

72 SAINT BONIFAGE.

application en Hesse et dans la Thuringe septentrionale, où les villes manquaient, et le saint avait dû se contenter de (aire choix des sites qui semblaient le plus appelés à devenir des centres importants de population. Aussi, pendant que les sièges de Wùrzbourg et d'Eichstaedt arrivaient rapidement à la prospérité, Bùraburg et Erfurt languissaient. Déjà le second évéque de Bùraburg, Megingoz, se vit amené à transférer sa résidence à Fritziar, et Fritzlar même ne garda pas longtemps son autonomie, car le diocèse finit par aller se fondre dans celui de Mayence. Erfurt aussi disparut, à une époque qui n*a pas encore pu être déterminée. Au surplus, ces deux diocèses ne périrent pas entièrement; sous Charlemagne, Paderborn vint prendre la place laissée vide par la disparition de Fritzlar, et Halberstadt fournit aux peuples de la Thuringe une compensation pour la perte d'Erfurt.

De toute manière, Boniface pouvait regarder avec satisfaction Tœuvre a laquelle il avait consacré une vingtaine d'années. Cette Allemagne, à moitié idolâtre, aux trois quarts barbare et totalement inculte, qu*il avait trouvée au début de son apostolat, il la laissait convertie, civilisée, rattachée à Tunité vivante de TEglise universelle, défrichée par le zèle infatigable d'une légion d'ouvriers inspirés. « L'Eglise de l'Allemagne centrale est son œuvre * » ; cette forte

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