‹ Saint Boniface (680-755)Chapitre 55 sur 82 · I. Epist. 91, p. aSg · texte numérisé non relu

I. Epist. 91, p. aSg

a. Il y a quatre lettre» du saint adressées à elle ; v. Epist,

10, 3a, 7a et 73.

3, Epist, 10, p. 53.

4. Epist^ 73, p. ai 3 : Carissimam sororem remunerator eeternus justorum operum in superna laetificet curia ange-

au ciel. La confiance qu^il a dans son amitié Tencourage à lui demander un service considérable : a Souvent, lui dit-il, vous avez consolé ma tristesse en me faisant parvenir des livres ou des vêtements. Je vous supplie donc d'achever votre ouvrage; écrivez pour moi, en lettres d'or, les épitres de mon seigneur l'apôtre saint Pierre. Vous me rendrez un double service : d'une part, vous contribuerez à faire honorer les Saintes Ecritures par les auditeurs charnels de ma prédication, de l'autre, vous comblerez mon désir d'avoir toujours sous la main les écrits de celui qui m'a envoyé dans ce pèlerinage*. »

Ecburge est une des anciennes élèves de saint Boniface ; on s'en aperçoit aux réminiscences virgiliennes et autres dont sa lettre est remplie. Ame plaintive et tendre, que les épreuves de la vie ont cruellement meurtrie, elle s'exhale en gémissements pleins de douceur et de mélancolie, dont douze siècles n'ont pas encore effacé le charme sympathique, a II ne s'écoule pas de jour, dit-elle, sans qu'elle se souvienne de son bon maître. Elle voudrait jeter autour de son cou ses bras de sœur; il est pour elle un père et un frère ; depuis qu'elle a perdu son frère Oshere, aucun homme au monde ne lui est plus cher que lui; elle espère qu'il conservera pour elle un peu de l'amitié qui l'attachait à ce frère

iorum, quœ, sanctorum libronim munera transmittendo, exu» lem germanicum spiritali lumîne coosolata est. I. Epist, 3a, p. 98.

chéri. Elle est accablée par sa douleur : « Les jours ont beau s^écouler, écrit-elle, le sombre nuage de la tristesse ne me quitte pas. » Elle ne cesse de pleurer une sœur avec qui elle a grandi et partagé Tamour d'une même mère; c'est Wiethburg, aujourd'hui enfermée dans une prison à Rome, mais en qui la charité du Christ reste plus forte que ses chaînes. Wiethburg est heureuse; elle glorifie la foi, elle s'avance dans la voie étroite, elle pourra dire au jour du jugement à son Dieu : a J'ai été dans la prison, et vous m'avez visitée. » Pour elle, elle pleure ses péchés dans cette vallée de larmes, n'ayant pas mérité une telle grâce. Elle soupire après le jour où elle reverra le saint : le matelot battu par la tempête ne soupire pas plus après le port, les champs desséchés n'aspirent pas davantage à la pluie, la mère du pécheur n'attend pas avec plus d'angoisse sur le rivage le retour de son fils. Elle supplie le saint de prier pour elle, pauvre pécheresse qu'elle est, et de lui envoyer un souvenir, quelques reliques, une lettre. On est touché de cette longue plainte de colombe blessée, et l'on regi*ette de ne pas avoir la lettre qui aura porté les consolations et les encouragements de l'apôtre à cette pauvre âme endolorie *.

Wiethbui^, la sœur dont il vient d'être question dans la lettre d'Ecburg, compte, elle aussi, parmi les correspondantes du saint, qui lui donne l'affectueux

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