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suite à son projet, et qu'en 788 elle se trouva à Rome en même temps que Boniface^ Apparemment ils étaient convenus, dans des lettres que nous n*avons pas conservées, de se rencontrer dans la Ville Éternelle, où ils visitèrent ensemble les basiliques et s'entretinrent longuement.
La correspondance continua pendant les années suivantes, mais il ne nous reste plus qu'une seule lettre écrite par le saint. Tous les deux avaient vieilli ; les épreuves n'avaient été épargnées ni à l'un ni à l'autre ; toutefois, du sein des préoccupations multiples qui l'assiégeaient, l'apôtre tournait encore son regard ému vers sa fidèle correspondante :
« O sœur très chère, lui écrivait-il, l'amour du Christ et celui des pèlerinages faits à son service nous ont séparés par de vastes intervalles de terre et de mer; j'ai appris par plusieurs la tempête des tribulations qui vous sont survenues dans votre vieillesse avec la permission de Dieu. J'en ai été contristé et j'en ai gémi, en pensant que, depuis que vous avez déposé la responsabilité de votre abbatiat par amour de la vie contemplative, vous avez rencontré des épreuves plus nombreuses et plus redoutables.
« Je vous écris donc, sœur vénérée, plein de compassion pour vos souffrances, et me souvenant de vos bienfaits ainsi que de votre vieille amitié; je vous écris en frère et en consolateur, vous priant de