CHAPITRE Vm
l'archevêché db mayencb
Il y avait plus d'un quart de siècle que Boniface était évêque, et treize ans qu'il était revêtu du pallium archiépiscopal. Chef de TEglise de Germanie tout entière, il était resté jusque-là sans siège fixe, parce qu'il devait, selon les instructions réitérées des souverains pontifes, être présent sur tous les points de son immense province pour y remplir son rôle de créateur et d'organisateur. Maintenant que ce programme était rempli, et que FÉglise de Germanie entrait dans une phase d^existence régulière et organique, il devenait nécessaire de lui donner la constitution hiérarchique de toutes les autres contrées. La réforme de l'Église franque, qui avait restauré en Gaule la juridiction métropolitaine, comme on l'a vu plus haut, appelait comme complément la création d'une métropole de l'Allemagne.
Cette question avait préoccupé Boniface et les pères des conciles réformateurs depuis 74^* ^^ ^^ mort de Raginfried de Cologne, survenue en 74^9
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sembla en fournir la solution. Cologne parut à Boniface le poste qui répondait le mieux aux besoins du gouvernement archiépiscopal. Ce n^était pas seulement la plus grande ville de T Allemagne, c'était encore un centre d'opération pour les conquêtes apostoliques qu'il rêvait toujours de faire d'une part chez les Frisons, ses plus anciens catéchumènes, de l'autre, chez les Saxons, vers lesquels l'entraînaient d'anciennes et ardentes aspirations de missionnaire. L'épiscopat franc se rallia à cette manière devoir; les princes Pépin et Carloman y adhérèrent de leur côté, et dans l'automne de 74^9 Boniface put informer le pape Zacharie de ce couronnement de son œuvre de réformateur : il était métropolitain de Cologne ! Le pape en témoigna sa satisfaction à son légat par une lettre datée du 3i octobre 74^» dans laquelle il le félicita des arrangements pris, et exprima sa reconnaissance envers les deux souverains pour cette nouvelle preuve de leur sollicitude à l'endroit des intérêts religieux*.
Ce n'est pas toutefois sans de vives oppositions que Boniface avait pu enfin se voir pourvu d'un siège métropolitain.
Une partie du clergé franc, de ce clergé simoniaque et dévergondé, qui haïssait autant qu'il redoutait le sévère réformateur, avait montré la plus grande hostilité à cette mesure, et il est probable que c'est