‹ Saint Bruno et l'ordre des chartreux [microform]Chapitre 153 sur 387 · CALABRE · texte numérisé non relu

CALABRE

La Chartreuse de La Tour ou Sancta MajHa de Eremo^ dans la Calabre, au diocèse de Squillace (Italie), fut fondée par saint Bruno, avec les largesses du comte Roger de Calabre, en 1090. L'acte de donation fut confirmé, en 1091 , par Théodore, Évêque de Squillace, et Rangier, Archevêque de Reggio, puis en 1092,1a veille des Ides d'octobre, parle Pape Urbain IL Archère, Archevêque de Palerme, consacra Téglise, le i5 août 1094. La même année, Roger, duc d'Apulie, confirma la donation faite à saint Bruno, du territoire qui se trouve compris entre Arena et Stylum. Le comte Roger augmenta encore, en cette même année 1094, les biens de la Chartreuse de La Tour, en lui cédant le Monastère de Sainte-Marie d'Arsafia et un certain nombre d'hommes liges. De nouveaux privilèges furent encore concédés par le comte, en 1095 et en 1096.

Le Couvent étant devenu trop étroit pour contenir les nombreux Religieux qui étaient venus se mettre sous la direction de Maître Bruno^ le comte Roger fit bâtir, en 1097, une seconde maison, peu distante de la première, sous le vocable de Saint- Etienne in bosco, ou de nemore. Il accorda de nouvelles faveurs aux deux Monastères, après. l'apparition miraculeuse de saint Bruno, au siège de Capoue. La charte est du 2 août 1099. Le Pape Pascal II, par une Bulle du 6 des calendes d'août iioi, prit la Chartreuse de La Tour sous sa protection, et quelques années plus tard il menaça d'excommunication ceux qui tenteraient de s'empa- ' rer des biens de ce Monastère. La Bulle est datée de Bénévent, le 10 des calendes de mars iii3.

Parmi les bienfaiteurs de la Chartreuse de La Tour, on cite : le comte Geoffroy de Lorette et la comtesse Berthe, sa mère (la charte de leur donation est du 14 janvier 1 1 14 ) ; la fille du comte Roger, en 1 1 19 ; Wilhelme Carbonello et Emma, son épouse, en 1120; la princesse Constance, épouse du prince d'Antioche, en 11 23 ; Robert de Tarona, même année; RogerCulchebretde Arenis, en 11 24; Barthélem}', seigneur de Saint-Démétriùs, en 11 26; Roger, duc d'ApuHe,fils du comte Roger, en 1 129-, Robert d'Argapie, en ii3o. Toutes ces donations furent confirmées par le Pape Calixte II, dans une Bulle datée de Capoue aux calendes de décembre 1121, puis par le fils du comte Roger, en 1129, et enfin par Donat, Evêque de Squillace, le 6 des calendes d'octobre ir33.

Les deux Maisons de Calabre quoique séparées n'en faisaient qu'une, sous la direction de saint Bruno, Après la mort du vénérable fondateur, Lanvin son disciple prit la direction des deux Monastères, mais malgré son zèle et les règlements donnés aux Solitaires par Lambert son successeur, les Religieux ne tardèrent pas à laisser de côté les observances de la vie érémitique. N'ayant aucune relation avec la Maison-Mère ils se relâchèrent de leurs austérités et ne pratiquèrent plus que la vie cénobitique.

Ce Monastère compte, jusqu'à cette époque, une succession de treize Prieurs; le dernier, Dom Guillaume de Messine, grand amateur de nouveautés, avait été déposé, mais il parvint à reprendre le pouvoir, en 1186, après la mort d'un parent du comte Roger qui avait été élu à sa place. Il se servit de son influence pour faire passer le Monastère de Saint-Etienne entre les mains des Cisterciens, en 1191. Le Pape Célestin III donna son consentement à ce changement, et Guillaume fut le premier Abbé du Monastère. Il suscita de si nombreux embarras aux Solitaires de Sainte-Marie qu'ils durent se retirer, et les deux Maisons furent soumises à l'Ordre de Citeaux.

Au commencement du XVP siècle, ce Monastère était tenu en commende par le Cardinal d'Aragon, petit-fils du Roi de Naples. Ce prélat, à la sollicitation des Chartreux, leur remit les deux Maisons. Les négociations furent commencées par le Général Dom Pierre Roux. « Nous avons l'espoir, dit la carte du Chapitre Général de 1497, de

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recouvrer bientôt l'ancienne Maison de Saint- Etienne où repose le vénérable et saint corps du bienheureux Bruno, notre Père. » Le Souverain Pontife, Léon X, ratifia cette rétrocession, le i5 décembre i5i3. La reprise de possession eut lieu, le 27 février i5i4, sous le R. P. Dom François Dupuy , avec le vocable des Saints-Étienne-et- Bruno. Trois siècles plus tard, le Monastère de Calabre fut supprimé par décret de Napoléon 1*% en 1806, et ne fat rétabli qu'en i85j. Cette Chartreuse existe encore, mais, en 1866, sous le gouvernement de Victor-Emmanuel, Roi dltahe, ses biens furent mis sous séquestre, les Religieux furent expulsés, et actuellement cet antique Monastère ne possède plus qu'un petit nombre de Chartreux laissés dans la Maison comme gardiens.

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