‹ Saint Césaire (470-543)Chapitre 142 sur 153 · Recap. XIV · texte numérisé non relu

Recap. XIV

LE MONASTÈRE DE SAIXT-.IEAX. 219

poque. Ce qui l'est presque autant, c'est l'insistance que met l'auteur à recommander l'observation de ce dernier point. Il va jusqu'à citer au tribunal de Dieu les religieuses qui se permettraient d'y porter atteinte, ordonnant de les priver des réunions communes et de les punir isolément.

Que de choses même excellentes s'en vont avec leur fondateur ! Réaliser le bien et en même temps assurer l'avenir, voilà le signe de la vraie sagesse. Le Saint-Siège fut donc mis au courant de l'œuvre arlésienne et Hormisdas l'approuva dans une bulle de 5i4.

A la suite de la règle aux vierges figure le texte de ce Pape et la signature de sept coprovinciaux de l'évêque d'Arles. On devine la joie de Césaire en lisant la lettre de confirmation papale d'un ton si chaud et si élogieux.

(( J'exulte de bonheur, mon très cher frère, et suis ravi en voyant votre sollicitude pour l'Église. Avec vous, elle est sans cesse en progrès et toujours vous accroissez son troupeau. Je vous loue d'avoir ajouté un splendide couronnement à la ville d'Arles

par la création d'un couvent de femmes De

notre autorité apostolique nous acquiesçons à votre demande, nous approuvons les règles et nous défendons qu'aucun de vos successeurs empiète quelque pouvoir sur ce monastère... Quant aux aliénations d'immeubles ecclésiastiques faites à ce sujet, nous les autorisons pour cette fois, priant Dieu, frère très cher, de vous garder en santé. )>

Césarie l'aînée ne resta pas longtemps à la tête de sa communauté, ainsi que le déclare Cyprien : <( elle émigra, peu après la dédicace de la basilique, dans le royaume du Christ, pour y vivre éter-

nellement avec Lui. Son corps fut enseveli dans une des tombes rangées en symétrie sur le pavé du temple, en attendant ses autres compagnes. Ce fut Césarie la jeune qui lui succéda et qui devint la mère de cette nombreuse famille de vierges tout enflammées d'ardeur pour l'abstinence, les veilles, l'oraison divine * ».

Nous ne savons si la seconde Césarie était parente de la première; dans tous les cas, elle fut sainte comme elle et conserva toutes ses traditions de vertus. En changeant de ligure, le monastère ne changea pas de cœur et l'évèque l'aima d'une tendresse toujours rajeunie. Avec sa pensée constante, sa foi et son âme passèrent dans cette œuvre si pure. 11 identifia son intérêt spirituel avec celui des sœurs, donna une nouvelle expansion à tout son être attentif, fit le plus suave commentaire à sa règle et à sa récapitulation.

Dans trois lettres ou exhortations -, destinées à Césarie la jeune et à ses filles, nous trouvons les avis suivants :

« Vous me pressez, vénérable sœur, de vous écrire quelque chose d'édifiant qui vous porte à la perfection. Je n'ose vous le refuser. Les vierges donc doivent mettre le monde sous leurs pieds, cherchant, avant tout, la volonté de Dieu pour l'accomplir. Le premier degré à atteindre, c'est de lutter contre l'orgueil, principe de tout vice. Très souvent on tombe de l'orgueil à l'impureté, parce que l'un enfante l'autre. De même l'humilité

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