‹ Saint Césaire (470-543)Chapitre 25 sur 153 · Lib. I, cap. II · texte numérisé non relu

Lib. I, cap. II

Quelques-uns, s'attardant dans les cloîtres de la basilique, arrivaient à la fin des cérémonies. Le saint leur en fait des reproches. « Ouvriers, artisans, leur dit-il, se lèvent à l'aube pour se procurer ce qui est nécessaire à la vie ; navigateurs, commerçants courent de l'Occident à l'Orient et s'exposent à tous les périls par amour des biens périssables ; et nous, qui avons à acquérir un trésor éternel, ne viendronsnous pas plus matin à l'église afin d'y faire nos provisions d'àme, sans nous occuper desvainescuriosités du monde ? Avant tout nous devons prier Dieu et satisfaire h notre conscience qui impose ce devoir. Donc, à moins d'être infirme ou malade, si on vient tard à l'église, ce n'est que par défaut de zèle pour le salut 1. ))

Si l'on arrivait trop tard à l'église, on en sortait aussi trop tôt et avant que la messe fut achevée. Quelle douleur et quel fonds d'amertume en ressent

eveque :

« Il voudrait qu'on comprenne bien le mystère du divin Sacrifice et supplie les chrétiens de rougir de leurs péchés lorsqu'en abandonnant les saints autels, ils méprisent le don de l'Eucharistie. C'est un festin céleste, une source de bénédiction éternelle, qu'il ne faut jamais délaisser 2. »

D'autres Arlésiens, plus négligents, se dispensaient sans scrupule de toute assistance aux offices.

« Il y a des vides aujourd'hui et du côté des hommes et du côté des femmes, s'écriait un jour Césaire. Plusieurs sont certainement empêchés par des choses urgentes ou des infirmités, mais combien d'au-

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