‹ Saint Césaire (470-543)Chapitre 44 sur 153 · I. Fita, lib. I, cap. ii · texte numérisé non relu

I. Fita, lib. I, cap. ii

nous, par ailleurs, que certains évêques de la démarcation politique de la Loire durent prendre le chemin de l'exil? Volusien et Verus de Tours, nous dit saint Grégoire 1, ont subi la mort et la relégation sur un simple soupçon d'Alaric. Voilà qui est sûr, tandis que le procédé visigothique est brutal. C'est en l'an 5o5 que Césaire fut conduit comme un coupable à Bordeaux. Il allait expier ses sympathies prétendues pour les Francs et les Burgondes dans la ville d'Ausone, mieux partagé encore que Verus, perdu là-bas au pied des Pyrénées.

Bordeaux représenta longtemps la culture romaine dans l'histoire de la Gaule. La fortune lui avant confié un des flambeaux des lettres latines, écoliers et maîtres innombrables accoururent à sa clarté. Une grande Université s'y fonda au iv^ siècle. Ses bienfaits inondèrent l'Occident romain. Ausone y commença le cycle des études et, brillant élève, il y revint comme professeur accompli. On arrivait à tout par la rhétorique. Ce qui était terriblement vrai au temps de Cicéron arriva à Fépoque d'Ausone. Le bon César Théodose le demanda pour qu'il lui fît savourer ses œuvres, et imitant Auguste, qui écrivit à Horace, le combla de ses faveurs. Amoureux de liberté et de tolérance, il finit par faire l'éducation de Gratien, héritier de l'empire. Parvenu au consulat, il se retira dans une de ses maisons de campagne, pour vivre sans tracas avec des amis et des livres.

Le souvenir d'Ausone, de Paulin de Noie, son frère d'âme, était tout chaud encore lorsque Césaire arriva à Bordeaux. Les savants maîtres de l'Univer-

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