RÉUNI AU ROYAUME DE CHILDEBERT
Dans les nouvelles délimitations politiques formées par la victoire des Goths sur les Burgondes et les Francs, il était désormais difficile à Césaire de compter beaucoup sur son action métropolitaine. La moitié de la province d'Arles était sujette du roi burgonde ; les vainqueurs des Visigoths tenaient la rive droite du Rhône, et Théodoric ne dépassait pas la Durance. Pour exercer une influence salutaire, étendue, il était besoin d'une autorité personnelle. Vu le passé d'Aix, de Narbonne, de Vienne surtout, en face d'évêques plus ou moins rivaux, divers d'attitude nationale, c'était vers Rome qu'il fallait s'orienter, c'était au Saint-Siège qu'il était nécessaire de recourir. Associer intimement le Pape à son action, voilà la vraie sagesse.
Césaire se montra donc empressé d'avoir constam- Qient l'appui pontifical et, si Rome lui donna beau-
coup, le Saint-Siège lui est aussi beaucoup redevable. Au pieux évêque d'Arles il faut attiibuer l'ascendant que prit alors Rome sur la Gaule, et de l'intervention de Rome naquirent chez nous les idées ultramontaines de cette époque. Si nous dépouillons la correspondance qui s'échangea entre Césaire et les sept Papes qui vécurent de son temps, nous trouvons à toute occasion des marques de déférence d'un côté, et de l'autre de nombreuses décisions doctrinales et disciplinaires. Symmaque confie l'inspection des Églises de Gaule et d'Espagne à son vicaire d'Arles ^ et aussitôt s'établit entre elles une féconde émulation pour adopter les idées romaines.
Les postidata de Césaire provoquent les décrétales qui nous renseignent exactement sur les abus gaulois, les directions et ordonnances d'outre-mont-.
Hormisdas n'est pas plutôt intronisé qu'il envoie ses amitiés à Césaire et lui annonce des faveurs (5i4). Le Pape le félicite de son zèle et confirme les privilèges antérieurs. Césaire lui rend compte de la situation religieuse et le prie, sans doute, de faire tenir un concile dans la province de Vienne. Avitus annonça, en effet, h ses collègues que, Hormisdas s'étant plaint de lui plusieurs fois, il les convoquait tous à Epaone (5 17). Les questions traitées sous sa présidence renouvellent les canons d'Agde et montrent l'impulsion du vicaire papal.
Car nous ne voyons pas qu'Avitus ait gardé rancune à Césaire. L'exemple de son frère Apollinaire, de Valence, qui avant de mourir veut embrasser le
1. Mon. Gcrin. hist.^ Epist.^ t. III, p. 4* (n juin 5i j). — Gallia christiana novissima. Arles, p. 5i, 5^, 53 et s.