‹ Saint Césaire (470-543) [microform]Chapitre 17 sur 98 · SAINT CfcSAIRE · texte numérisé non relu

SAINT CfcSAIRE

ci etait aussi eveque, mais on ne sail dansquelleville. II a joint son nom aux deux precedents pour la redaction du liber I.

Ces collaborateurs ont ecrit sous 1'impression toute fraiche laissee par le heros. On sent que les peintres, comme ils 1'avouent, ont ete en communication intime avec celui dontils retracent la vie. Un sens historique tres sur et tres ferme guide la main qui ecrit. L'emotion, la sincerite, pas de litterature, pas de fausse rhetorique, voila ce qui caracterise I'o3uvre de ces trois biographes, honores comme des saints.

Dans le liber II, Messien et le diacre fitienne exposent les fails miraculeux touchant Cesaire, nous font connaitre des details geographiques du diocese et certains rapports tres interessants avec le pouvoir civil. Messien etait pretre et premier notaire de notre saint 1 . II remplit quantite de missions honorables de la part de son maitre, alia meme a Rome trouver le Pape Symmaque, et defendit en maintes circonstances les droits de PEglise d' Aries. G'est le diacre Etienne, ancien notaire Iui-m6me ? qui vecut dans la plus longue inlimite avec Cesaire. II montra pour lui une admiration sans bornes 2 .

Un autre saint qui fit partie du clerge d' Aries, pendant quelque temps, fut Theudere de Vienne. II appartenait a une noble famille. Apres une jeunesse passee dans la plus angelique piete, devenu posses-

\ingiennes. M. le chanoine Ulysse Chevalier, membre de 1'Instiiut, 1'a reproduite dans le Gallia Christiana novissima. Aries.

i. M. Auguste Veran a trouvd a Aries une inscription chretienne qu'Ed. Leblant attribue a un notaire de saint Ce'saire on de 1'abbaye de Saint-Ce'saire : Nouveau Recueil d'inscnpt. chr. de la Gaule, p. 196.

a. Lib. II, cap. i ? i.

EPISCOPAT DE CESAIRE. 45

seur d'une fortune considerable, il vendit ses biens, en distribua le prix aux pauvres et resolut de s'enfermer dans un monastere. Passant a Aries, il consulta Cesaire, qui le retint et 1'attacha a son egKse. Clerc des plus accomplis de la basilique de Saint- Etienne, il sentit un jour I'mspiration de revoir sa province natale et, disant adieu a son maitre, il transplanta dans son pays les institutions qu'il avait vues et la discipline dont il s'etait nourri.

Outre ses prfctres, ses diacres et ses clercs de differents ordres, la basilique de Saint-Etienne avait des enfants. Eleves sous les yeuxdeTev&que, ilsprenaient part au chant et remplissaient dans les ceremonies certaines fonctions reservees aujourd'hui encore aux enfants de choeur. Ennodius envoya un jour a Cesaire un petit garcon qu'il lui recommandait en termes tres affeetueux, Vappelant son fils, parce qu'il lui avait donne le bapteme. II se nommait Florien et etait venu fort jeune pour apprendre a Aries les elements monies des lettres latines. L'eleve se montra digne des deux grands eveques, ses maitres. Florien devint abbe du romanum monasterium. II professa un vrai culte pour Gesaire durant sa vie et fit un eloge posthume oil il 1'appelle : pieux parmi les barbares, pacifique au milieu des guerriers, providence des pauvres, pere des orphelins.

L'estime de Cesaire pour la lecture se manifeste en lui-meme, dans son zele de propagande et dans ;ses prescriptions. Imitant les Docteurs de TEglise, il abandonna T administration temporelle de son diocese a ses diacres ou officiers ecclesiastiques et vaqua particulierement a la meditation de 1'enseignement divin. Non seulement il lisait sans cesse 1'Evangile et les saints Peres, mais il voulut que ses

clercs cherchassent dans les bons livres Vinstruction qui apaise, qui change, qui eleve et qui sauve. Apprendre a lire, etudier les saintes lettres, voila une recornmandation de tous les instants. II la faisait aux enfants de 1'ecole episcopate dans la cite et des ecoles presbyter ales dans les paroisses. Luim6me prenait plaisir a visiter les classes, et Florien nous revele qu'il ne dedaignait pas d'epeier les premiers mots de 1'alphabet avec les derniers venus 1 .

Nul n'etait admis aux ordres s'il n'avait prouve avoir lu 1'Ecriture Sainte en entier au moins quatre fois. Nul ne s'asseyait a sa table sans ecouter une pieuse lecture faite a haute voix pendant les repas ; ensuite les commensaux etaient interroges sur ce qu'ils avaient entendu. Tres souvent 1'eveque enregistrait des etourderies, et le nombre de ceux qui accusaient 1'infidelite de leur memoire etait considerable 2 .

Sans doute la methode favorite de Cesaire etait loin du large enseignement des Universites, et ses ecoles ne brillaient point par 1'eclatante activite d'une culture generale, maisil n'en conserva pas moins le gout de 1'etude chez son clerge, la jeunesse et m6me le peuple. Une de ses Admonitions 3 renferme des passages extr^mement curieux qui nous permettent de juger des preoccupations de I'ev&que. G'est ainsi que les illettres doivent premierement venir au sermon et ensuite se procurer le secours d'un maitre. Les negociants, s'ecrie 1'orateur, quand ils sont

1. Ipse mihi latinis dementis imposuit alphabetum. Cf Epist. merov., M. G. H.

Page 1