‹ Saint Césaire (470-543) [microform]Chapitre 21 sur 98 · Lib. I, cap. H, 4 1 - Cf. chap. vin · texte numérisé non relu

Lib. I, cap. H, 4 1 - Cf. chap. vin

2. Lib. Il/ cap, n, i3 : Cumque expleto lucernario mulier qusedam in salutatorio occurit...^ etc.

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un des saints eveques presents. Celui-ci dut obeir, sans produire aucun effet heureux. Et, comme la malheureuse infirme sanglotait plus fortement encore, Cesaire tombe de nouveau a genoux, signe la malade et la releve guerie.

Cette confiance du peuple pour les saints les fait regarder avant tout comme des guerisseurs. On n'attend rien que de la bonte de Dieu. On ne craint rien que sa colere. Quand un de ces hommes marques par Dieu observe strictement sa loi, vit dans rabstinenee et 1'austerite, la croyance populaire veut voireclatersans cesse la protection du Tres-Haut. Temoin encore le fait raconte par Cyprien 1 : Eucher, eveque d' Avignon, faisait route un jour avec Cesaire dans le pays des Alpines. II arriva qu'au milieu de la route une femme se trainait, paralysee des pieds et des mains. Les deux augustes voyageurs s'arr6tent. Emu de compassion, Cesaire fait descendre de voiture son compagnon et lui ordonne de benir 1'infirme et de la relever. Eucher hesite et refuse par humilite. Comment, replique tout impatient notre saint, c'est ainsi que tu m'obeis dans un acte de misericorde, toi qui te vantes de te jeter au feu pour mon plaisir? Allons, fais ce que je veux, donne la main a cette femme et, au nom du Seigneur, releve-la. Eucher, quoique peu sur de son propre pouvoir, fait la volonte de 1'eveque et rend la sante a la malade qui court, heureuse, vers sa pauvre maisonnette.

Si les saints savaient accorder des graces, ils

i. Lib. I, cap. iv, 35 : Quodam tempore dum iter ageret circa Alpina loca, vir venembilis sanctus Eucherius* episcopus cum eo erat...

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savaient aussi punir ; protecteurs de 1'innocence, ils poursuiyaient et chatiaient les coupables. N'a-t-on pas vu, dans la Gaule merovirigienne , aux villes de Bourges, de Tours, de Reims, des hommes lances en 1'air, recus a coup de fleches et tombant sur le pave a demi morts ? Ceux qui exercaient ce droit de repression le faisaient au nom des saints, ou apres serment sur leurs reliques. Cesaire etait loin d'etre sans pitie envers les pecheurs, mais son indulgence n'est pas allee toujours a supprimer les coups. II en permettait jusqu'a trente-neuf*, selon la discipline, centre ceux qui commettaient des fautes graves. Les biographes louent Cesaire de sa moderation a cet egard.

Ce qui merite mieux 1'eloge, c'est sa charite ardente envers les pauvres. L'eveque procurait la nourriture et le vehement aux malheureux qui ne pouvaient travailler et se suffire a eux-m^mes. Unjregistre appele Matricula contenait leurs noms. Tous etaient secourus, nous disent ses diacres, quelquefois meme aux depens des commensaux habiluels.

Les malades eurentla meilleure part de son coeur. Son cote vulnerable, sa faiblesse, il faut les chercher la. II leur fit batir, a cote de sa maison et de la cathedrale, un tres spacieux hopital garni de lits fort propres. De son temps, on le regardait comme une merveille. C'etait surement une nouveaute en Gaule. Aucun meuble utile n'y manquait. Medecins, remedes, serviteurs, tout etait dispense avec un ordre admirable. Sous le rapport des soins, rien ne laissait a desirer. Quant aux consolations religieuses, on peut dire qu'elles etaient prodiguees.

i. Lib. I, cap. ii, 18.

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Le voisinage de 1'eglise amenait a tous moments des pr^tres, et des ouvertures ingenieusement pratiquees dans les murs permettaient de suivre les offices, tout en etant couche 1 . Cesaire avail une sollicitude si tendre pour les malades qu'il disait aux gardiens de son hopital : Allez, voyez, demandez si quelques pauvres, trop timides, n'osent venir. Faites-les entrer et remplissez ]a demeure. Ce sont les membres du Christ .

Le soin des' prisonniers revenait a 1'Eglise et i'archidiacre les visitait chaque dimanche. Cesaire leur faisait distribuer des vivres avec tant de generosite qu'il ne restait rien pour ses familiers. Plus un grain de froment dans les greniers! II y avait de quoi murmurer pour les clercs et les serviteurs episcopaux. Mais Dieu, qui avait envoye une pauvre veuve a Elie, ecouta les prieres du saint et lui fit parvenir des le lendemain trois navires de provisions 2 .

L'figlise d'Arles etait done une maison ouverte a tous, captifs, pauvres, orphelins, veuves, vierges, malades, voyageurs, et le role de 1'eveque etait assurement celui d'un pere qui se donne a ses enfants.

Mais, pour les atteindre tous, Cesaire sentait bien qu'il fallait se deplacer, aller a eux, les voir, inspecter les paroisses, se mettre en contact avec les pretres ruraux. Et ii partait au moins une fois Tan pour la visile de son immense diocese 3 .

Dans le depiecement du territoire enleve a Mar-

1. Lib. I, cap. n, i5 : Infirmis vero imprimis consuluit, subvenitque eiset spatiosissiman deputavit domum^ etc.

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