‹ Saint Césaire (470-543) [microform]Chapitre 26 sur 98 · Lesfastesepiscopaux^i. I · texte numérisé non relu

Lesfastesepiscopaux^i. I

CESAIRE METROPOLITAN. 63

ev^que d' Aries, depecha sa reclamation, qui fut admise. C'etait 1'an 499' 1 - En sorte que Cesaire, des sa promotion, fut a la tete d'une province qui contenait vingt-sept ev^ches, savoir douze dans la Viennoise, sept dans la seconde Narbonnaise ethuit dans les Alpes-Maritimes 2 .

Le nouveau metropolitain fit revivre avec zele 1'influence arlesienne, la delegation pontificale du vicariat et toute 1'autorite des decreiales touchant les attributions de son siege. II n'etait pas question d'un heritage d'honneur personnel, mais d'une charge attachee a la fonction. Scrupuleux dans le devoir, il vit d'un coup I'importance exceptionnelle du primal pour le salut des ames 'et 1'avantage de 1'Eglise. Sa grande intuition catholique lui fit considerer que la longue dispute de la preseance entre Aries et Vienne n'avait faitqu'accroitre 1'autorite pontificale etdiriger les coeurs vers la capitale du monde religieux. Avitus, son rival, s'adonnait a la poesie et ^a la litterature. C'etait un fin politique et un homme de Dieu. Comme predicateur, il est plus cultive que Cesaire ; comme theologien, il est polemiste de la Trinite. Cesaire le depasse pour la vigueur de 1'action et triomphe de lui par la force du droit.

i. Gallia christ. noviss. Aries. Tnstr. 98.

a. Aries, Avignon, Carpentras,Cavaillon,Die, Marseille,Nice, Orange, Saint-Paul-Trois-Chateaux, Vaison, Viviers,Uzes; Aix, Antibes, Apt, Frejus,Gap^Riez, Sisteron;Embrun, Castellane, Ciraiez, Digne, Glandeves, Rigomagus, Senez, Vence. En fait, les divisions nationales empecherent jusqu'en 5^3 la reunion a Aries des eveches situes au nord de la Durance. Si Avignon put s'y joindre d'abord, ce fut sans doute parce qu'une partie de son diocese etait sur la rive gauche a son embouchure dans le Rhone. Quant a Uzes et Viviers, on sait leurs difficultes de communications canoniques avec Aries, en raison aussi des conquetes ou des demarcations politiques.

Pour mettre enmouvement sonpouvoir de primal, il voulut en connaitre exactement les litres authenliques. C'est pourquoi il fil le depouillemenl des archives episcopates consliluees des avanl lui en un fonds aussi complel que possible.

L'imporlance de la prefeclure des Gaules avail favorise avec les ressources du regime imperial ce depot adminislralif el disciplinaire. Le recueil des privileges de 1'Eglise d' Aries s'augmenta des pieces que sut oblenir Cesaire lui-meme. Elainsi le progres religieux pul se faire dans la Gaule, selon le lexle des canons, dans des vues desinleressees, avec circonspeclion, en allirant loujours plus de consideration sur 1'aulorile du Sainl-Siege. A chaque diffieulte, le vicaire se tournail vers Rome el sollicilail une declaration formelle.

Les reglements ecclesiasliques appeles Statuta Ecclesise antiqua onl ele longlemps attribues au quairieme concile de Carthage. La Patrologie les a inseresen dernier lieu dansle 3 e volume des O3uvres de sainl Leon le Grand 1 . M. Maassen a demonlre 2 qu'ils represenlaient la discipline gallicane du v e siecle el en particulier celle d' Aries. Un hislorien de haute valeur, M. 1'abbe Malnory, dans un memoire fortement documente sur la question, les a restitues a Cesaire d' Aries 3 .

On aime a suivre M. Malnory lorsqu'il analyse si magistralement FcBuvre anonyme de ces staiuts.

1. Pair, lat., t. LVI. Les freres Ballerini ont prouve clans leur edition de saint Leon que ces statuts ne sont pas africains.

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