‹ Saint Césaire (470-543) [microform]Chapitre 50 sur 98 · REUNI AU ROYAUME DE CHILDEBERT · texte numérisé non relu

REUNI AU ROYAUME DE CHILDEBERT

Dans les nouvelles delimitations politiques formees par la victoire des Goths sur les Burgondes et les Francs, il etait desormais difficile a Cesaire de compter beaucoup sur son action metropolitaine. La raoitie de la province d' Aries etait sujette dii roi burgonde ; les vainqueurs des Visigoths tenaient la rive droite du Rhone, et Theodoric ne depassait pas la Durance. Pour exercer line influence salutaire, etendue, il etait besoin d'une autorite personnelle. Vu le passe d'Aix, de Narbonne, de Vienne surtout, . en face d'eveques plus ou moins rivaux, divers d' attitude nationale, c'etait vers Rome qu'il fallaits'orienter, c'etait au Saint-Siege qu'il etait necessaire de recourir. Associer intimement le Pape a son action, voila la vraie sagesse.

Cesaire se montra done empresse d' avoir constamment 1'appui pontifical et, si Rome lui donna beau-

coup, le Saint-Siege lui est aussibeaucoup redevable. Au pieuxeveque d' Aries il faut attiibuer 1'ascendant que prit alorsRome surla Gaule, et de Fintervention de Rome naquirent chez nous les idees ultramontaines de cette epoque. Si nous depouillons la correspondance qui s'echangea entre Cesaire et les sept Papes qui vecurent de son temps, nous trouvons a toute occasion des marques de deference d'un cote, et de 1'autre de nombreuses decisions doctrinales et disciplinaires. Symmaque confie 1'inspection des Eglises de Gaule et d'Espagne a son vicaire d' Aries l et aussitot s'etablit entre elles une feconde emulation pour adopter les idees romaines.

Les postulata de Cesaire provoquent les decretales qui nous renseignent exactement sur les abus gaulois, les directions et ordonnances d'outre-mont 2 .

Hormisdas n'est pas plutot intronise qu'il envoie ses amities a Cesaire et lui annonce des faveurs (5 1 4). Le Pape le felicite de son zele et confirme les privileges anterieurs. Cesaire lui rend compte de la situation religieuse et le prie, sans doute, de faire tenir un concile dans la province de Vienne. Avitus annonca, en effet, a ses collegues que, Hormisdas s'elant plaint de lui plusieurs fois, il les convoquait tous a Epaone (5 17). Les questions traitees sous sa presidence renouvellent les canons d'Agde et montrent Fimpulsion du vicaire papal.

Car nous ne voyons pas qu' Avitus ait garde ran^ cune a Cesaire. L'exemple de son frere Apollinaire, de Valence, qui avant de mourir veut embrasser le

1. Mon. Germ, hist.) Epist., t. Ill, p. 42 (n juin 5i4) Gallia Christiana novissima. Aries, p. 5i, 62, 53 et s.

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