‹ Saint Césaire (470-543) [microform]Chapitre 71 sur 98 · Lib. I, cap. v, 41 : Semper in ecclesia prsedicavit · texte numérisé non relu

Lib. I, cap. v, 41 : Semper in ecclesia prsedicavit

2. Revue benedictine, t. IX, XII : Mes principes et ma me thode pour la future edition de saint Ce'saire, Ibidem, I. XIII : L'Homeliaire de Burchard de Wiirzburg, contribution a la critique des sermons de saint Cesaire. Six nouveaux sermons de saint Ce'saire, etc., etc. Ibidem, t. XVI : Recueil provenant de Saint-Martial de Limoges, aujpurd'hui a la B. N. Ibidem, t. XXI II (1906), Janvier, avril, juillet : Nouvelle serie d'ine'dits, tiree de manuscrits de Reims et d'Epinal, etc.

Dans t. XXII, D. A. Manser signale un sermon de saint Cesaire insure a la Concordat Regularum de saint Benoitd'Aniane.

grand progres sur celles du savant prelat autrichien . Depuis de longues annees la perseverante activite de dom Morin a fait surgir beaucoup d'inedit et mis en meilleur jour ce qui etait connu. II a poursuivi son enqueue non seulement en France et en Italic, mais dans les provinces d'Allemagne et d'Autriche. Mes trouvailles parfois si inattendues, ecrit-il, suffisent a demontrer qu'il y aura tou jours chance de trouver du Cesaire inedit, tant qu'on n'aura pas examine jusqu'au dernier des recueils homiletiques qui foisonnent dans presque toutes les bibliotheques de 1'Europe.

Peut-6tre 1'un.ou 1'autre lecteur, mal prepare a ce genre de recherches, sera-t-il tente de se demander comment il peut se faire qu'il existe encore tant de debris jusqu'ici inapercus du travail de Cesaire, et si je ne cede pas a une sorte de manie, en pretendant discerner sa marque de tant de cotes a la fois ? He bien, non : c'est un fait, que les homelies de I'ev&que d'Arles ont du jouir d'une vogue exceptionnelle, d'abord un peu partout, dans 1'Europe centra le, du vi e au xn e siecle, puis dans les milieux ascetiques du xiv e au xvi e siecle * .

La pratique du furetage, telle que la conseille Je docte Benedictin, recompense, en effet, m6me les plus humbles chercheurs. Quand on a eu la faveur de voir, de Munich a Cologne ou a Epinal, sur les bords du lac de Constance et du Rhin, ou a Einsie-

deln, pres de Zurich, quelques-uns de ces documents antiques, enfermes dans des volumes a reliure de bois recouverte de parchemin blanc, on eprouve une inoubliable emotion. Tant de siecles et de si

i. Revue bene'dictine, t. XXIII, p. 871, 872.

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nombreuses mains ont respecte cette belle ecriture, aux caracteres vigoureux, qu'il y a je ne sais quoi de mysterieusement attachant a dechiffrer les lignes et a comprendre la pensee de nos venerables predecesseurs. La provenance arlesienne de ces carres de parchemin, de ces codices et compilations du plus haul moyen age, de ces multitudes d'homeliaires des armaria monacaux s'explique par les frequents pelerinages des religieux, la renommee de 1'eveque d' Aries, ses envois de recueils dans toute la chretiente 1 .

Les Benedictins de Saint-Maur, dans leur edition des sermons de saint Aiigustin, se sont servis de la plupart des manuscrits que nous retrouvons encore aujourd'hui en France et a 1'etranger. Us y ont ajoute des notes tres sagaces, ca etla peut-tre pointees d'un trop grand scrupule pour restituer a Cesaire cequi luiappartient 2 .Lorsqu'ils n'ontpasvuson nom ecrit en toutes lettres, quelquefois marque d'une couleur rouge ou jaune,comme a Einsiedeln et ailleurs, ils ont fait appel a sa doctrine, a ses considerations ordinaires, a son don d'allegoriser. Avec les arguments du style particulier, des locutions personnelles, de la philologie, del'exorde, de laperoraison, de la recapitulation finale, des travaux personnels de critique moderne, on en est arrive a conclure que de nouvelles classifications s'imposaient 3 .

j. Lib. I, cap. v, 42 : Longe tamen positis in Francia, in Gallia atque in Italia et Hispania diversisque provinciis constitutis transmisit per sacerdotes...

2. Gf. Preface des sermons de saint Augustin. Voir Malnory, Saint Cesaire^ xi, xu et s.

Revue benedictine, t. XXIII, p. 26.

3. Cf. Paul Lejay, Arnold, Malnory, dom Morin, dans les ouvrages pre'cites, Aries, mss. de la Bibliotheque de la ville,

Dans 1'espece, ce travail de critique interne, peu realisable pour le commun des lecteurs, s'etant largement illumine depuis les Mauristes, permet de donner sur les ecrits oratoires de Cesaire une appre ciation differente de celles de beaueoup d'historiens anterieurs.

En general, on a ete trop dedaigneux de son Iangage. Sansdoute, comme on va le voir incessamment, le style est simple, populaire, rustique, maisdevaitii etre autrement? Le milieu, 1'auditoire aurait-il supporte une plus grande envergure de doctrine sous une forme plus raffinee ?

En homme rompu au labeur de 1'instruction religieuse I'ev&que d' Aries a le sens de la vie reelle . ,Ce qu'il dit est facile a comprendre, a retenir. Les masses populaires saisissent ses maximes fixes ; il les leur repete frequemment, comme font les educateurs elementaires, se sert de comparaisons usuelles, prend ses images dans la nature, rend en quelque sorte les verites palpables et les grave profondement dans le coeur.

N'est-ce pas Feloquence cela? L'orateur de la chaire peut-ii avoir un autre but que d'instruire et de convertir? Le discours qui change les mceurs et rend meilleurs n'est-il pas, plus utile que celui ou Ton applaudit 1'eloquence nature lie ? Assurement, les phrases des rheteurs flattent les gens cultives, et 1'harmonie des periodes charme les habitues de la litterature greco-romaine ; toutefois, pour faire la conqu^te du coeur, le melange de 1'art antique avec les

n os 14 et i5. Bonnement y a laisse, au xvm e 'siecle, une collection de documents curieux sur Cesaire et Fensemble de ses oeuvres qu'il desirait alors editer.

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somptuosites du beau langage ne suffisaitpas. Un christianisme pur, sans influence pai'enne, louche, convertit et cree de nouveaux sentiments. Cesaire comprit admirablement 1'etat social de son milieu et y adapta ses lecons. Volontiers, il sacrifia a la clarte, a la conversion des ames les ornements accessoires et la reputation d'un lettre.

D'ailleurs, ses discours, que nousallons examiner attentivement pour mieux le juger, atteignaient soil les gens de la campagne soil les gens de la ville. Les uns avaient un degre de culture mediocre, mais le public arlesien comprenait des catholiques instruits de leur religion.

C'est pourquoi les homelies sur les mysteres du christianisme et 1'interpretation de 1'Ecriture Sainte ont une elevation de langage que n'ontpas beaucoup d'Admonitions.

Saint Augustin est le maitre, le modele par excellence de Cesaire. Ce n'estpas qu'il ait meconnu d'autres Peres deTEglise, Salvien et surtout Fauste, mais il en revientpresque toujours al'eveque d'Hippone. II 1'a tellement etudie, imite, copie que pendant longtemps on a joint les discours de Fun a ceux de 1'autre. L'eveque d' Aries s'est prete, surement, a cette confusion et, si nous trouvons la plupart de ses sermons parmi les sermons et 1'Appendice des ceuvres d' Augustin, nous en connaissons la cause.

Essay ons maintenant de donner une courte analyse des instructions eparses de 1'homme de Dieu.

Nous possedons une serie d'homelies pour le careme qui ont pour texte un passage de 1'Ecriture, lu a 1'office. En venant a 1'eglise, les chretiens

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