‹ Saint Colette, sa vie, ses œuvres, son culte son influenceChapitre 28 sur 136 · INTRODUCTION. XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXI

tous ces mémoires furent réunies au monastère des Clarisses d'Amiens pour la poursuite de la canonisation. Les révérendes Mères de ce couvent ont bien voulu laisser ces papiers précieux très longtemps entre nos mains.

Après ces sources si pures, il est bon d'indiquer ceux qui y ont puisé les premiers et ont travaillé à coordonner les éléments de la Vie de sainte Colette. Inutile de rappeler Etienne Juliaque qui, comme on l'a vu, n'a fait que traduire en latin, comme Olivier de Langue en flamand, l'œuvre de Pierre de Vaux. Surius n'a pas plus d'importance, car il ne fait qu' abréger un peu Etienne Juliaque. Lippelloo, abréviateur de Surius, ne peut offrir aucun intérêt. Evidemment ce n'est point dans ces abréviatcurs qu'il faut puiser les éléments d'une Vie de saint quand on a entre les mains les monuments primitifs. On goûte d'ailleurs bien plus agréablement les choses dans l'original de Pierre de Vaux. Le même jugement doit être porté sur Michel Notel, bénédictin de l'abbaye de Femy, qui a traduit Surius en 1594 . Gazet, curé de Sainte-Madeleine d'Arras, cité aussi quelquefois par les derniers historiens de sainte Colette, n'a donné au public, vers 1616, qu'un abrégé bien court de la vie de notre Sainte dans divers ouvrages. Ce n'est pas évidemment une autorité d'un grand poids. Avant lui, Josse Clithou, doctour de Sorbonne, chanoine de Chartres, avait fait un travail sérieux sur la vie de sainte Co-

XXÏI INTRODUCTION.

lette. Ce n'est malheureusement encore qu'un abrégé intitulé : Brevis legenda Beatœ Virginis sororis Colette, reformatricis ordinis sanctce Clara ; courte légende de la bienheureuse vierge sœur Colette, réformatrice de l'ordre de Sainte- Claire. Mais en vingt-quatre pages d'un style très concis, l'auteur a admirablement résumé la vie de la vénérable abbesse. Une traduction en a été publiée à Amiens, chez Lambert-Caron, et à Paris, chez Wattelier, 1807.

Le franciscain Fodéré, outre la Narration historique et topographique des monastères de la province de Saint-Bonaventure, où il parle des fondations de sainte Colette, a publié des Vie» de saintes vierges et martyres, parmi lesquelles il a justement rangé la réformatrice, Lyon, 1G09, et quatrième édition 1638. Mais il ne consacre à sainte Colette que trentre-et-une pages où il se montre très incomplet et inexact.

Enfin, en 1628, Y Histoire chronologique de la bienhmreuse Colette, réformatrice des trois ordres du séraphique P. saint François... divisée en six livres, fut publiée par Y. P. S., prédicateur capucin. Ces initiales désignaient le Révérend Père Sylvère Boutard, né à Abbe ville, demeurant au couvent des Capucins d'Amiens. Quelques-uns l'ont nommé Séraphin, d'autres Sylvestre. C'est une erreur, comme le prouvent les procès-verbaux d'informations canoniques dressés alors et conservés au monastère des Clarisses d'Amiens. Dans son vieux style et sa

Page 1