XXX INTRODUCTION
de vos avertissements, sortez d'Ur, de la cité chaldéenne, vous ne vous repentirez point de l'exil ; vous échangerez la Yille pour l'univers. » Cette menace s'accomplit enfin. Dieu se servit d'autres crimes pour châtier quelque temps les fautes des Romains. Après les malheurs de Boniface YIII et le trop court pontificat de Benoît VII, les intrig-ues de Philippe le Bel, roi de France, parvinrent à faire asseoir sur la chaire de Saint-Pierre, Bcrthrand de Got, archevêque de Bordeaux, qui vint fixer son séjour à Avignon, principauté appartenant aux papes (1305). Ainsi commença ce que les Romains ont appelé avec raison la captivité de Babylone. Pendant soixante-dix ans, Rome, privée de son pontife, apprit ce qu'elle deviendrait sans le vicaire de Jésus-Christ. Déserte, tombant en ruines, elle n'était plus que l'habitation de la pauvreté et de la misère, une ombre lugnbre d'elle-même. Les bêtes sauvages commençaient à y pénétrer. La leçon paraît oubliée par quelques Romains de notre temps, mais alors elle fut sentie par tous, et il n'y eut qu'une voix dans Rome pour réclamer le retour du Pontife. L'Eg'lisc ellemême souffrait. C'est pourquoi sainte Catherine de Sienne eut une mission du ciel d'avertir le chef de l'Eg-lise de revenir à son siég-e. Grég'oire XI se rendit enfin aux avertissements célestes et aux avis des plus sages enfants de l'Eg-lise ; mais il mourut peu de temps après son retour à Rome (1378).