XXX11 INTRODUCTION
de vénérables personnages, des saints même, dans chacune des deux obédiences. A Clément VII succéda Pierre de Lune, sous le nom de Benoît XIII, dont il sera parlé dans l'histoire de sainte Colette.
Il est facile de comprendre les maux engendrés par le schisme : le relâchement de la discipline dans tous les états, l'autorité la plus sacrée presque annulée et déshonorée par les concessions que chaque prétendant à la tiare se voyait obligé de faire pour soutenir son parti. C'est la plus grande épreuve que l'Eglise ait jamais traversée, et elle devait y périr si elle n'était divine. Dans cette malheureuse contestation sur les personnes, il n'y eut cependant point de division, ni sur le dogme, ni sur la morale, ni surles rites sacrés. L'unité de croyance régnait encore dans les esprits. Tout se réduisait à une question de personnes dont les effets cependant étaient lamentables.
Pendant ce temps, les attentats de Philippe le Bel contre le Vicaire de Jésus-Christ, les intrigues de ses successeurs dans l'élection du chef de l'Eglise pesaient lourdement sur la France et ses souverains.
Les quatre fils du monarque sacrilège n'avaient fait que passer sur le trône , pour transmettre la couronne de leur père à une autre branche de la famille royale , celle des Valois. Après les désastres de Crécy et de Poitiers, la sagesse de Charles V cicatrisa les plaies de la