‹ Saint Colette, sa vie, ses œuvres, son culte son influenceChapitre 46 sur 136 · XLI1 INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLI1 INTRODUCTION

res du Nord. Que pouvait contre ces fiers guerriers l'abbé avec sa crosse ? Prier, protester, en appeler au roi son suzerain . Les ruines furent toujours relevées avec un nouveau courage.

L'abbaye de Corbie a encore eu l'honneur d'établir une des premières communes de France 1123. Cette fondation libérale ne subsista, il est vrai, que près de deux siècles. L'esprit de révolte , soufflant dans les bourgeois de Corbie , de déplorables contestations , des malentendus entre cette commune et l'abbaj'e amenèrent sa suppression par un compromis en 1310. Mais enfin l'abbé de Corbie fut un de ces généreux initiateurs qui émancipèrent le peuple français.

Jusqu'au XVe siècle, l'abbé de Corbie n'avait relevé directement que du roi et comme tel marchait l'égal des grands vassaux de la couronne. Par le traité d'Arras en 1435, la ville de Corbie passa pour quelque temps sous la suzeraineté du duc de Bourgogne avec les autres villes de la vallée de la Somme. Cest pourquoi nous verrons en 1445 le trop puissant vassal du roi de France intervenir dans une affaire dont le récit appartient à l'histoire de sainte Colette.

Telle fut la ville de Corbie dans ces siècles reculés. C'est par ces vertus, ces nobles labeurs qu'elle se disposait , autant qu'il est possible à l'homme , à recevoir du ciel une faveur incomparable, celle de produire et de donner au monde, à l'Eglise, à la France un lis d'une pureté angélique, une âme, grande, généreuse, puissante

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