SA NAISSANCE
rappela alors ce mot prononcé à la naissance du Précurseur : Quisputas, puer iste erit ? Quel sera, pensez- vous cet enfant? Mais surtout Robert Boellet et sa pieuse compagne furent pénétrés de la plus vive reconnaissance, et, pour la témoigner à Dieu, ils s'appliquèrent avec une nouvelle ferveur aux exercices de la piété et de la charité chrétiennes. L'un devint le pacificateur de tous les différends qui s'élevaient entre ses concitoyens : s'il apprenait que la discorde troublât les familles ou les voisins, il quittait tout pour travailler à rétablir la paix , et il ne revenait qu'après avoir réconcilié les ennemis ; ses paroles persuasives et bénies de Dieu triomphaient de toute opiniâtreté. Non content de cette œuvre, il entreprit de retirer du désordre les femmes égarées, et il eut le bonheur d'en recueillir plusieurs dans une maison qu'il leur abandonna.
Marguerite se montra digne de son époux quelle secondait de ses prières et de ses bonnes œuvres. Elle s'appliqua avec un nouveau zèle à la méditation quotidienne de la passion de N-S. Jésus-Christ . Au milieu des soins empressés prodigués à son enfant elle trouvait le temps de ;se confesser au moins une fois chaque semaine et de faire plusieurs communions ferventes. Dans ces pratiques puisant toujours une nouvelle force et une nouvelle ardeur spirituelle, elle fit de rapides progrès dans l'union avec Dieu et devint déplus en plus digne de coopérer à l'édu-
cation d'une sainte. La jeune Colette se formait, aux pratiques de la piété chrétienne en regardant ces vénérables vieillards. C'est sur les genoux de sa mère qu'elle apprit à bégayer ses premières prières et à méditer la passion de Jésus-Christ.
Mais il semble évident que Dieu n'a point laissé uniquement au soin des hommes l'éducation de celle qu'il avait choisie pour l'instrument de ses grands desseins. Une faveur évidemment merveilleuse lui fut accordée. A quatre ans. elle avait déjà de son Créateur une connaissance très haute qui ne pouvait venir des hommes. Son esprit était presque continuellement élevé et uni à Dieu. Enfin dès l'âge de sept ans, elle commença à faire au moins une heure d'oraison chaque jour. Elle suivait docilement 1 ss mouvements du Saint-Esprit qui selon l'expression du P . Sylvère « régentait en cette « créa tare si tendrelette . » Du cœur de leur enfant il rayonnait sur ses heureux parents qui par leurs œuvres excellentes, leur ferventes prières obtenaient à leur fille des dons merveilleux de grâces et de vertus. Ils la virent avec bonheur se développer et grandir mais surtout manifester avec les premières lueurs de la raison les élans d'une piété précoce. Ainsi l'âme de Colette comme un sol riche et fécond, ayant reçu le premier germe déposé par le baptême, échauffée parles feux de l' Esprit-Saint, cultivée avec amour par la pieuse sollicitude de ses