CHAPITRE XVIII
La re'forme du premier Ordre. — Le couvent de Lôle.
Pour comprendre les faits suivants, il est nécessaire de reprendre les choses d'un peu plus haut. En 1372 un jeune homme natif de Dole avait été se former à la vie religieuse à Meir -
beau près de Poitiers où l'on s'efforçait de rétablir la sainte observance. L'entreprise fut traversée par bien des épreuves. Ces zélateurs de la règle., après avoir eu jusqu'à onze maisons, furent un moment chassés de Mirebeau. Ils y furent réintégrés par l'autorité apostolique légitime. C'est à cette école que s'était formé celui qui, désormais connu sous le nom de Pierre de Dole, entreprit la fondation d'un couvent de l'Observance dans sa patrie. L'égiise n'ayant été consacrée qu'en 1429, il est évident que l'entreprise ne réussit pas complètement. Les religieux qui habitaient ce couvent se disaient de l'Observance, mais cette dénomination indiquait plutôt les aspirations de quelques-uns que l'état général de la communauté. Le relâchement de tous les liens de la discipline dans l'Eglise, l'état précaire d'une communauté isolée, sans supérieur, sans existence parfaitement régularisée selon les canons, avaient presque complètement fait avorter les vues de perfection du premier fondateur. Des abus sérieux se maintenaient en face de vertus très hautes. Afin de faire cesser cet état normal, le souverain Pontife avait donné cette maison à l'abbesse Colette et au P. Henri de la Balme pour en disposer selon leur sagesse. Le vénérable coopérateur de la réformatrice trouva à Dole quelques religieux auprèi desquels il pouvait se retremper et qui étaient comme lui animés de l'esprit de Dieu. De son côté, il leur communiqua aussi quelque chose des dons ce-